Aujourd’hui dans Affaires Sensibles, années 1970, Opération Condor en Amérique latine : l’implication française. Invitée Marie-Monique Robin, journaliste et autrice de l’enquête « Escadrons de la mort, l’École française » sur l’influence de l’Hexagone dans les méthodes militaires des dictatures d’Amérique du Sud.

Le Condor, ce rapace majestueux emblème du Chili a été aussi celui, dans les années 1970 de l’histoire secrète. 

Celle des « guerres sales » menées de concert par les dictatures militaires du Cône Sud, la zone la plus australe du continent américain, alliées avec les États-Unis dans la lutte anticommuniste.  

En 1975, le Chili, l’Uruguay, le Paraguay et l’Argentine coordonnent leurs services de renseignement pour traquer les opposants à leur régime même en dehors du continent américain. Le tout avec l’appui sporadique du Brésil et de la Bolivie

Nom de cette opération secrète ? Le plan Condor, révélé en 1992 avec la découverte des bien nommées  «  archives de la terreur ».  Avec la complicité tacite des États-Unis et de la CIA, dans la crainte que la révolution castriste de Cuba ne fasse tâche d’huile les dictatures appliquent une Internationale de la répression en traquant, torturant et assassinant les « subversifs », expression fourre-tout qui permet de faire de n’importe qui un potentiel suspect.  Ces méthodes de surveillance et de répression de la population ne sont pas nées avec le général chilien Pinochet ou l’Argentin Videla. 

Loin de là.  C’est à la France que les dictateurs d’Amérique du Sud doivent la doctrine de la « guerre anti-subversive ». Dès la fin des années 1950, les méthodes de la Bataille d’Alger sont enseignées dans les écoles militaires sud américaines par des anciens de l’Indochine et de l’Algérie. Torture, Renseignement et disparitions forcées : des techniques made in France appliquées à l’échelle de tout un sous-continent.  

Coq français et Condor chilien, une coopération tentaculaire et sordide qui mêle à la fois anciens de l’OAS,  la Direction de surveillance du territoire française (DST) et police politique chilienne et assassinats dans Paris en plein jour et en pleine rue. 

Invitée Marie-Monique Robin

Avec nous pour en parler Marie-Monique Robin, journaliste et autrice de l’enquête « Escadrons de la mort, l’École française » parue en 2003 sur l’influence de l’Hexagone dans les méthodes militaires des dictatures d’Amérique du Sud. La publication du livre s’est accompagné d’un documentaire éponyme qui a lui aussi provoqué un véritable séisme en Argentine.  

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