La tour AZF, Toulouse
La tour AZF, Toulouse © Anton Merlina Bonnafous

Rediffusion

Nous sommes le 21 septembre 2001, 10 jours seulement après les attentats du 11 septembre à New-York, une explosion dévaste le Sud-Est de la ville de Toulouse et ses environs, la détonation est entendue à plus de 40km, la déflagration, énorme, est comparable à un séisme de 3,2 sur l’échelle de Richter.

Il est 11h17… et le hangar 221 de l’usine AZF de Toulouse vient d’exploser.

Immédiatement, les autorités déclenchent le plan rouge sur Toulouse et sa région, les services de secours travailleront d’arrache-pied plusieurs jours durant pour secourir les blessés, les sinistrés et s’occuper des zones résiduelles en flammes sur le site de l’explosion.

Le bilan sera à la hauteur de la catastrophe, on dénombrera en effet 30 morts, plus de 2.500 blessés, 30.000 logements endommagés, 74 écoles, 11 lycées et 77 équipements municipaux sont à reconstruire… La facture pour le total des dommages s’élèvera à plus de 2 milliards d’euros. Un drame humain qui va meurtrir un peu plus l’opinion après les dramatiques images provenu des Etats-Unis quelques jours plus tôt.

L’enquête menée par le procureur Michel Bréard pour éclaircir les faits va très rapidement s’orienter sur la négligence humaine et la responsabilité des employés d’AZF (dont son directeur Serge Biechlin) et de Total (propriétaire du site) (son PDG de l’époque Thierry Desmarais). La piste de l’acte volontaire (malveillance ou attentat) étant très vite négligée par l’instruction malgré des faits « troublants »… au profit de la thèse officielle : « un accident chimique dû à une erreur humaine » .

Huit ans après la catastrophe, un procès hors norme a eu lieu en 2009 avec une reconstitution sur le site en ruines d’AZF avec 1.800 parties civiles et 3.000 plaignants… Un procès qui se soldera par la relaxe des accusés : le groupe Total, la société grande paroisse (filiale de TOTAL et qui exploite le site) et l’ancien directeur d’AZF, Serge Biechlin. Lors de l’appel, en 2011, Grande Paroisse et le directeur de l’usine Serge Biechlin seront condamnés pour « homicides involontaires par négligence ou imprudence » … le groupe TOTAL et son ex-PDG encore une fois relaxés.

Avec ce procès la justice semble avoir inscrit dans le marbre une vérité : la catastrophe de Toulouse est d’origine accidentelle, un élément chimique mélangé malencontreusement avec un autre.

Malgré tout, de nombreuses contre-enquêtes menées par des journalistes en collaboration avec des scientifiques réputés ont laissé apparaître des faits troublants tant dans l’exploitation des faits par les enquêteurs que par certaines expertises judiciaires… alors qu’en est-il ? Dans un contexte où quelques jours plus tôt l’occident avait connu le pire attentat de son histoire, l’orientation exclusive de l’enquête sur le plan de l’accident cache-t’elle quelque chose ? Peut-on voir dans la catastrophe d’AZF d’autres pistes que celle de l’accident ?

Invité :

Pour aller plus loin, nous en débattrons en seconde partie d’émission avecun nouvel invité, Gérard Ratier, président d'une association de familles des victimes endeuillées.

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