Aujourd’hui dans Affaires Sensibles, le Train Fantôme, ou l’incroyable odyssée de l’un des tous derniers trains de déportés parti de France à l’été 44, en direction du camp de concentration nazi de Dachau.

12/05/2012, à la gare Matabiau, la cérémonie de dévoilement de la plaque commémorative  des déportés du Train Fantôme
12/05/2012, à la gare Matabiau, la cérémonie de dévoilement de la plaque commémorative des déportés du Train Fantôme © Maxppp / F CHARMEUX

On sait aujourd’hui comment les nazis ont exterminé dans ces camps des millions de juifs, d’opposants politiques, d’homosexuels, de tziganes, ou de résistants. Tout le monde sait également que la France, vaincue en 1940, puis dirigée par le gouvernement collaborationniste du Maréchal Pétain, a participé à ce terrible projet. Dès 1942, 80 convois, environ, partent de l’Hexagone et conduisent plus de 140 mille personnes vers les camps de la mort.    

Dans la canicule de l’été 44, un train parti parmi ces derniers vers l’enfer va ainsi traverser la France et tenter de rejoindre Dachau au beau milieu du chaos de la Libération. Pendant 57 jours, interminables, ce convoi va acheminer plus de 700 déportés vers l’Allemagne et ses camps de la mort. Epouvantable acharnement à un moment où tout indique que l’Allemagne nazie va perdre la guerre. 

Précision : dans le "train fantôme" figuraient 724 personnes dont la moitié étaient des étrangers. Les Espagnols, à eux seuls, représentaient plus d'un tiers du convoi. Ce seul fait rappelle le rôle qu'on joué les étrangers dans la Résistance française et en particulier les espagnols. Les Républicains espagnols avaient été, au travers de la guerre d'Espagne, parmi les premiers adversaires des nazis, alliés de Franco. Réfugiés en France après la victoire des franquistes, les républicains exilés devinrent un des fers de lance de la Résistance en France. De Gaulle, qui devait prouver aux alliés que la Résistance qui le soutenait représentait la France réelle, eût tendance à omettre volontairement ou minimiser l'évocation des étrangers dans la Résistance.

Un récit documentaire de Jean-Marie Barrère 

Invité :

Guy Scarpetta, romancier, essayiste. En 2014, il a notamment publié chez Gallimard (Collection Blanche) : Guido, l’histoire d'un antifasciste italien, exilé en France, Résistant, arrêté, déporté dans l’un des derniers convois : ce «Train Fantôme» qui mit des semaines à atteindre Dachau, tandis que la France se libérait. 

Il est aussi l'auteur en 2016 du film « Les Résistants du Train Fantôme », un documentaire réalisé par Jorge Amat et produit par Alkimia Productions pour France 3. 

Et aussi : 

Les naufragés et rescapés du "train fantôme", de Laurent Lutaud, Patricia Di Scala, Chez L'Harmattan (2003) ; et Laurent Lutaud, auteur d'un documentaire : Lettres du "Train Fantôme", diffusé sur Arte en 2003 et dont vous avez pu entendre quelques extraits dans le récit de Jean-Marie Barrère

Programmation musicale : 

  • Hubert-Félix Thiéfaine : Nuit et brouillard (2015)
  • The Stranglers : Ghost train (1986)
  • Rita Mitsouko : Le petit train (1989)
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