« Cher Patrick, je te le dis maintenant sans gêne et sans drame. J’ai toujours senti la mort en toi. Pire, je pensais que tu nous quitterais encore plus vite. C’était une certitude terrible que je gardais pour moi. Je ne pouvais rien faire. J’étais le spectateur forcé de ce compte à rebours. Ton suicide fut une longue et douloureuse maladie. »

Ces quelques mots, extraits d’une lettre posthume de Gérard Depardieu à Patrick Dewaere, disent avec force et justesse la fatalité d’une tragédie qui ébranla le cinéma français en cet été 1982.

Ce jour-là, l’acteur Patrick Dewaere, 35 ans, met fin à ses jours. Il est pourtant au sommet de sa gloire. En à peine quinze ans et une trentaine de films, il s’est imposé comme l’un des acteurs les plus brillants de sa génération. Tour à tour voyou, flic, paumé, juge ou footballeur, il marque de son empreinte les films dans lesquels il joue. Jusqu’à se confondre totalement avec eux… saisissant alliage d’écorché vif et de folie, d’impulsivité et de fragilité.

Dans la vie comme dans ses films, Patrick Dewaere est toujours sur un fil, en équilibre, avec l’alcool et la drogue comme compagnons d’infortune. Il a bousculé le milieu du cinéma français, en même temps qu’il en a démontré la dureté. Parti trop vite, il incarne encore aujourd’hui l’acteur d’une génération, celle de la décennie 1970, balancée entre les espoirs soulevés par la révolte de 1968 et les dérives d’une jeunesse en mal de vivre.

Un mauvais fils
Un mauvais fils © /

Série noire, d'Alain Corneau
Série noire, d'Alain Corneau © /

L'invité

En seconde partie d’émission, nous recevrons Bertrand Tessier , journaliste et réalisateur, qui a notamment écrit le livre, Patrick Dewaere, la Douleur de Vivre aux éditions Albin Michel : il a également réalisé un documentaire sur l’acteur.

F comme Fairbanks de Maurice Dugowson
F comme Fairbanks de Maurice Dugowson © /

Affiche du film Les Valseuses
Affiche du film Les Valseuses © /

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