Une fiction écrite par Cristèle Alves Meira et Anne-Claire Jaulin, réalisée par Pascal Deux. Violette Nozière, victime d’un père incestueux et d’une mère qui ne voulait rien voir, ou bien jeune dépravée, qui ment, vole ? Invité Emmanuel Pierrat, avocat, auteur d’un livre court qui revient sur cette affaire.

Dessin de Violette Nozière lors de son procès à Paris
Dessin de Violette Nozière lors de son procès à Paris © Getty / ullstein bild Dtl.

L'affaire Violette Nozière, dans le Paris des années 1930, va passionner la France et révéler ses fractures. 

Les uns, dont François Mauriac, seront convaincus que l'empoisonneuse est une « sorcière de la débauche ». Les autres beaucoup moins nombreux, tels les surréalistes, feront de la jeune parricide une égérie de la jeunesse en révolte. Elle deviendra leur « ange noir ». 

Un soir d’été de l’année 1933, à Paris, une famille ordinaire  bascule dans le drame : Violette Nozière, âgée de 18 ans, empoisonne ses parents, son père mourra, sa mère survivra. 

Violette Nozière avec son regard, noir, fiévreux, son col de fourrure et son béret incliné, comme la montrent ces photos qui font les unes de toute la presse, entre dans l’histoire des grandes affaires criminelles.

Alors qui était cette jeune femme, celle que la presse qualifie « d’ empoisonneuse », « de monstre en jupons », de « parricide », qui Le 28 août 1933 est arrêtée dans le 7e arrondissement de Paris.

Qui était cette jeune femme, qui commet le crime des crimes, le tabou absolu, pour lequel la loi prévoit un châtiment spécial :  « Le parricide sera conduit à l’échafaud, en chemise, pieds nus, un voile noir recouvrant sa tête. »

Si Violette échappe à la peine de mort, la justice restera sourde quand la jeune fille accusera son père d’inceste...

Extrait du scénario

SEQ. 2 - HÔPITAL SAINT-ANTOINE, 1er septembre 1933 

La voix de Violette court sur le bruit de ses pas, de son juge et de ses deux défenseurs. Ils pénètrent dans le bureau du directeur de l’hôpital. 

LA VOIX DE VIOLETTE NOZIÈRE Le 1er septembre 1933, j’entre dans le bureau du directeur de l’hôpital Saint-Antoine avec le juge et mes deux défenseurs. Je me sens fébrile, dix jours que je n’ai pas vu ma mère. Elle est là, assise dans un fauteuil, le visage pâle, appuyé contre un oreiller, elle se remet à peine. Le docteur Paul veille sur elle. Je baisse les yeux, incapable de soutenir son regard… 

LA MÈRE GERMAINE : Violette ! Comment as-tu pu nous faire ça ? Comment... Ne t’approche pas. Qu’elle ne s’approche pas... ! 

On entend le cliquetis de la machine à écrire du greffier qui prend note de chacun des mots dits par Germaine, la mère de Violette. 

VIOLETTE NOZIÈRE : Maman...

LA MÈRE GERMAINE : Jamais je n’aurai cru... Tu as... tu as... moi ce n’est rien mais Papa ! Elle a tué son père ! C’est un monstre... tu es un monstre ! 

LA VOIX DE VIOLETTE NOZIÈRE : Pardon... 

LA MÈRE GERMAINE : Faites là sortir, je ne veux pas la voir ! 

VIOLETTE NOZIÈRE : Maman... Pardon... 

LA MÈRE GERMAINE : Je ne veux pas t’entendre ! Faites-là sortir, je vous dis ! Je ne veux pas la voir, elle n’existe plus. 

On entend un énorme fracas. Violette Nozière s’évanouit

1er DÉFENSEUR DE VIOLETTE NOZIÈRE : Docteur, aidez-moi à la relever ! Le 2ème défenseur et le Docteur Paul se précipitent pour aider Violette à se relever

LA MÈRE GERMAINE (Plaintive) : Je voudrais être morte. Je voudrais être avec Papa dans le petit cimetière de chez nous. (à Violette) Jamais je ne te pardonnerai ! Jamais ! On entend des soubresauts au sol, le corps de Violette convulse. 

DOCTEUR PAUL (à Germaine) : Calmez-vous Madame, je vous en prie. Voyez dans quel état se trouve votre fille… (au juge) Monsieur le Juge, l’accusée vient de faire une syncope, je vous demande de bien vouloir interrompre l’entretien. 

LA MÈRE GERMAINE (à elle-même) : Le bon Dieu ne veut plus de nous… Je veux mourir. Je veux qu’on me laisse mourir…

LA VOIX DE VIOLETTE NOZIÈRE : Mon corps sursaute à chaque imprécation haletante de ma mère comme sous les coups d’un fouet. Des larmes coulent sur mes joues sans que je puisse les retenir, s’infiltrent dans ma gorge, je ne peux plus parler... Le cliquetis de la machine à écrire du greffier s’arrête un instant. 

LA VOIX D’UNE RADIO Aujourd’hui 15 septembre 1933, alors que l’affaire Nozière ne cesse de secouer la presse et d’émouvoir l’auditoire, nous apprenons que Germaine Nozière, mère de Violette Nozière se porte partie civile contre sa fille ! Elle n’est plus un simple témoin mais oriente désormais l’enquête ! C’est la parole de la mère contre celle de la fille !

Invité Emmanuel Pierrat

Emmanuel PIERRAT
Emmanuel PIERRAT © Radio France / Valérie Priolet

Pour mieux comprendre ce procès, ce crime et la personnalité de cette femme, émancipée, noceuse, voleuse, menteuse, telle qu’elle fut décrite lors de son procès nous recevons Emmanuel Pierrat, avocat au Barreau de Paris, écrivain et essayiste; il est l'auteur d’un livre court mais remarquable sur deux histoires, qui ont marqué le siècle dernier, l’Affaire Nozière et l’Affaire Gregory, 1934 et 1993 : "Vous injuriez une innocente suivi de "Si Violette a menti" aux Editions Points-Seuil 2015. 

Nous vous signalons également ses dernières publications  :

Les scénaristes : Cristèle Alves Meira et Anne-Claire Jaulin

La biographie de Anne-Claire Jaulin à consulter ici et celle de Cristèle Alves Meira à redécouvrir ici

Générique

VIOLETTE & GERMAINE NOZIÈRE - HISTOIRE D’UN PARDON

de Cristèle Alves Meira & Anne-Claire Jaulin

Avec :

  • Pauline Haudepin 
  • Valérie Moinet 
  • Sabine Haudepin
  • Matthieu Rauchvarger
  • Othello Vilgard 
  • Jean Rieffel
  • Serge Noël
  • Yvon Martin
  • Christian Drillaud
  • Marie Verge
  • Beatrice Champanier
  • Yumi Fujimori
  • Renaud Bertin 
  • Christina Crevillen
  • Norbert  Ferrer 
  • Serge « O’Sullivan » Bolze
  • Bruitages : Sophie Bissantz
  • Prise de son, montage, mixage : Marie Lepeintre, Sébastien Royer
  • Assistante à la réalisation : Louise Loubrieu
  • Réalisation : Pascal Deux

Programmation musicale :

  • Bastien LALLEMANT : L'empoisonneuse
  • Jean-Louis MURAT/DELANO ORCHESTRA : Chagrin violette
  • BARABARA : Au cœur de la nuit
Les invités
L'équipe
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