Sans-papiers, voilà une expression étrange, et fausse surtout, car ces gens-là ne sont pas des apatrides. Ils ont des papiers d’identité, mais ce ne sont pas des papiers français. Ces gens ne demandent pas forcément la naturalisation. S’ils sont sans papiers, c’est au regard de leur titre de séjour ou permis de travail arrivé à échéance : ce sont donc plus précisément des "sans-droit". Périodiquement, on parle d’eux et de leur combat ; c’était encore le cas il y a quelques semaines.

Manifestation en faveur des sans-papiers, devant l'Eglise Saint-Bernard en 1996.
Manifestation en faveur des sans-papiers, devant l'Eglise Saint-Bernard en 1996. © Alain Nogues/Corbis

Aux lendemains de la prise d’otage de l’épicerie Hypercasher, on découvre le visage et l’histoire de Lassana Bathily, employé de l’épicerie qui a sauvé des dizaines d’otages en les cachant. Un héros mais sans papiers français, originaire du Mali. Arrivé en 2006, il travaille et vit ici mais sans autorisation. Début mars c’est Armando Curri, un albanais de 19 ans, qui fait la Une en devenant meilleur apprenti menuisier de France. Pas de papiers français pour lui non plus. Parmi nous, des voisins, des amis de nos enfants, sont dans cette situation irrégulière. Pourtant, la plupart travaillent, font partie de la communauté, de la vie de nos écoles ou de nos quartiers.

C’est au printemps 1996 que leur situation sera exposée sur la place publique. Pendant des mois, ils vont prendre la parole et se mobiliser collectivement. C’est cette histoire que nous vous racontons aujourd’hui… celle des sans-papiers de l’Eglise Saint Bernard.

Invitée

Nous recevons Martine Doucouré , membre du bureau exécutif pour les questions d’immigration et sans-papiers au sein du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples). Elle était présente auprès d’eux en 1996 et lors de l’évacuation de l’Eglise Saint-Bernard.

Reportage

Notre reporterGaylord Van Wymeersch s’est rendu vendredi dernier (6 mars 2015) à un rassemblement de collectifs de sans-papiers devant le ministère du travail à Paris.

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