7 mars 2019, le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, annonce la mine défaite qu’il présente sa démission au Pape. Il vient d’être condamné à six mois de prison avec sursis pour non-dénonciation des abus sexuels du père Preynat, accusé d’avoir abus durant 20 ans de plus de 80 enfants scouts.

7 mars 2019, conférence de presse au diocèse de Lyon à Saint Jean du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon pour annoncer sa démission après sa condamnation
7 mars 2019, conférence de presse au diocèse de Lyon à Saint Jean du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon pour annoncer sa démission après sa condamnation © Maxppp / Rolland Quadrini

Dès son arrivée 2002 dans l’archevêché de Lyon, Barbarin, faux moderne, mais vrai réac, parvient à fédérer paroissiens et clergé. Mais au milieu des années 2010 entre salves homophobes pendant la Manif pour tous et libération de la parole de victimes d’abus sexuels, c’est l’histoire d’une chute. Le cardinal Barbarin symbolise aux yeux de l’opinion l’Église d’un autre temps. Une institution qui, pour éviter le scandale, préfère se claquemurer dans le silence quitte à protéger des criminels. 

Un récit documentaire de Constance Vilanova 

Droit de réponse

Ensuite de l’émission « Affaires sensibles » du 13 octobre 2020, consacrée à Philippe Barbarin, celui-ci a souhaité apporter les précisions suivantes.   

Le Cardinal Philippe Barbarin rappelle que la Cour de Lyon, par un arrêt du 30 janvier 2020, définitif sur le plan pénal, l’a relaxé.   
Face aux allégations des différents intervenants de cette émission, notamment lorsque ceux-ci affirment que Philippe Barbarin « symboliserait une institution qui, pour éviter le scandale, préfère se claquemurer dans le silence, quitte à protéger des criminels » ou encore qu’il aurait « considéré qu’il fallait être contre les victimes », de telle sorte que, prétendument, il « aurait bâti un système de défense contre elles, au lieu de se placer à leur côté »,  Philippe Barbarin précise :    

  • qu’Alexandre X., la victime  qu’il a reçue au mois de novembre 2014, n’a pas déposé plainte contre lui au mois de juin 2015 pour non-dénonciation, mais, à cette date, contre Bernard Preynat ;
  • qu’Alexandre X. ne s’est ainsi pas heurté à un mur, d’autant que, dans un courrier électronique du 9 novembre 2015 reproduit in extenso par la Cour d'Appel de Lyon à l’avant-dernière page de son arrêt de relaxe, l’intéressé lui-même précise que Philippe Barbarin l’avait alors encouragé à saisir la Justice – de manière à trouver d’autres      victimes dont l’action n’aurait pas été prescrite, ce qui s’est produit et a donc abouti à la condamnation en 2020 de Bernard Preynat.

Philippe Barbarin entend encore rappeler que ce n’est pas seulement la prescription qui a conduit à sa relaxe par la Cour d'Appel de Lyon.   
Celle-ci a également jugé, au contraire, que l’infraction qui lui était reprochée, n’était constituée ni dans son élément matériel, ni dans son élément moral.   
L’émission invoquant à plusieurs reprises le livre du Cardinal Barbarin, « En mon âme et conscience », publié à l’automne dernier, nos auditeurs pourront, s’ils le souhaitent, s’y reporter pour trouver son témoignage au sujet de cette affaire douloureuse.  

Invitée : 

Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef au quotidien La Croix ; et aussi, l'interview de François Devaux, président de l'association "La Parole Libérée". 

et l'interview de François Devaux, président de l'association "La Parole Libérée"

Pour aller + loin : 

Programmation musicale : 

  • Simon & Garfunkel : The sound of silence (1964)
  • Hozier :_Take me to church (_2014)
  • Michael Kiwanuka : Love and hate (2016)
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