La Somalie, confrontée à la guerre civile et à la famine, devient le théâtre d'une intervention militaro-humanitaire qui interroge sur le droit d'ingérence.

Le ministre de la Santé et de l'Action Humanitaire, Bernard Kouchner porte, le 5 décembre 1992 au nord de Mogadiscio, sous l’œil des caméras, un des sacs de riz pour venir en aide aux populations menacées de famine.
Le ministre de la Santé et de l'Action Humanitaire, Bernard Kouchner porte, le 5 décembre 1992 au nord de Mogadiscio, sous l’œil des caméras, un des sacs de riz pour venir en aide aux populations menacées de famine. © AFP / ERIC FEFERBERG

Toute personne en âge de se souvenir a encore forcément quelques images en tête. C’était un matin d’octobre 1992. Ce jour-là, sur le chemin de l’école, du collège et du lycée, les enfants et adolescents français, en plus de leur cartable, tenait dans leur main un petit sac de riz. Ils répondaient à l’opération « du riz pour la Somalie » lancée quelques semaines plus tôt par le ministre de la santé et de l’action humanitaire, Bernard Kouchner. Une fois collectées, les tonnes de riz étaient envoyées en direction d’un pays lointain, la Somalie, rongé par la guerre et la famine, dont les images, à la télévision, avaient ému tous les foyers du pays.

À cette époque, la Somalie est plongée dans une guerre civile et confronté à un épisode de sécheresse particulièrement difficile. Ce contexte provoque, à partir de 1992, une famine de vaste ampleur. Les organisations humanitaires, présentes sur place depuis plusieurs mois, sont rapidement dépassées, et le bilan humain s’accroit au fil des mois. Il faudra l’intervention du ministre de la santé Bernard Kouchner, pour que la situation somalienne s’invite au cœur de l’actualité. Dans la foulée, l’ONU vote une résolution pour une intervention militaro-humanitaire sur place.

Cette grande première tourne rapidement au fiasco. Un échec qui ouvre alors toute une série de questions autour du droit d’ingérence, de la place du militaire dans les opérations humanitaires, des limites de la médiatisation de ces crises, des tensions entre le court et le long terme pour des pays encore aujourd’hui sujets à des drames similaires.

Invité Rony Brauman

Ces questions, nous y répondrons en seconde partie d’émission avec Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontière, et qui a vécu de près cet événement. Il co-signe avec Frédéric Dufourg"Diplomatie de l'ingérence" aux éditions Elytis

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