Nom de code : Farewell. Mission : faire parvenir à la France des documents relatifs à l’espionnage industriel soviétique dans le monde. En 1981 Mitterrand gagnera la confiance de Reagan... Invité Jacky Debain, ancien espion à la DST et co-auteur de “L'affaire Farewell, vue de l'intérieur” (éditions Nouveau Monde).

Cette émission est un rediffusion du 30 septembre 2014. Nous recevions alors Hervé Brusini, journaliste et réalisateur, avec Dominique Tierce et Jean-Marie Lequertier, de La Taupe, l’Affaire Farewell. Pour ré/écouter cet entretien et retrouver les ressources, c'est ici. 

Aujourd'hui dans Affaires Sensibles : l'affaire Farewell, l'histoire d'espionnage la plus retentissante de l'après-guerre : Rien de moins. C'est aussi, es-qualité, la plus passionnante. Une histoire dont la plus grande vertu est peut-être de nous rappeler  à quel point l'adage selon lequel la réalité a souvent plus d'imagination que la fiction est justifié, n'en déplaise à John le Carré, le grand spécialiste du roman d'espionnage de la guerre froide. 

Car notre histoire se déroule précisément au cœur de la guerre froide, au début des années 1980, dans un monde en trompe l'œil qui nous a toujours donné l'impression d'être dangereux. Oui, souvenez-vous, entre les deux super-grands, on parlait d'équilibre de la terreur, en oubliant un peu vite que dans équilibre de la terreur, il y avait surtout équilibre, car ni Washington, ni Moscou, n'avaient l'intention d'envoyer des ogives nucléaires sur le territoire de l'autre, chacun ayant bien conscience que cette folie déboucherait  immanquablement sur la destruction du monde. Alors Américains et soviétiques se faisaient la guerre par pays du tiers-monde interposés, c'était tellement plus confortable ! Nous étions en vérité dans un monde moins dangereux que celui que nous connaissons aujourd'hui. Même la crise des missiles de Cuba en 1962 qui pourtant portait tous les ingrédients de la fatale déflagration nucléaire, n'a débouché sur aucun conflit. 

Ce monde plus dangereux, ce monde  issu de la chute du mur de Berlin, notre monde, celui de l'ennemi invisible qui frappa si fort le 11 septembre 2001, seul François Mitterrand avait su en dessiner les contours avant tous les autres, d'où les accusations dont il a été l'objet, toutes plus erratiques les unes que les autres. On a toujours tort d'avoir raison trop tôt. 

François Mitterrand, précisément,  fut l'un des personnages centraux de l'Affaire Farewell. Il l'a reçue, comme on reçoit un cadeau sur un plateau d'argent. 

La chance, oui, mais le talent d'un homme politique, il est quelque fois nourri, par cette notion qui échappe au raisonnement et qu'on appelle... précisément… la chance.  

C'est cette histoire que nous allons vous raconter et que nous enrichirons des éclairages de notre invité 

Nouvel invité Jacky Debain

Jacky Debain est ancien sous-directeur du contre-espionnage à la DST (Direction de la Surveillance du Territoire) chargé du contre-espionnage en France de 1970 à 1998. Il a travaillé pendant neuf ans sur l’Affaire Farewell et est l'auteur avec Raymond Nart du livre L'Affaire Farewell, vue de l'intérieur paru aux éditions Nouveau Monde en 2013 (et en Livre de Poche, en 2015)

Programmation musicale :

  • Moon Martin – "Bad news"
  • Alain Chamfort – "Bons baisers d'ici"
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