Voici l’histoire de Louis Ferdinand Auguste Destouches, dit Céline, écrivain et médecin, né le 27 mai 1894 à Courbevoie et mort le 1er Juillet 1961 à Meudon. L'un des écrivains les plus traduits dans le monde après Proust. Et des plus controversés aussi...

Louis-Ferdinand Céline au tribunal de Paris, le 13 octobre 1951.
Louis-Ferdinand Céline au tribunal de Paris, le 13 octobre 1951. © Getty / Keystone/Hulton Archive

Aujourd’hui Affaires sensibles/la Fiction vous propose 

« Vous auriez une rubrique torche-cul que mes livres y figureraient - LOUIS-FERDINAND CÉLINE »

  • Une émission proposée par Christophe Barreyre
  • Écrite par Léo Koesten
  • Réalisée par Michel Sidoroff

Voici pour les premiers éléments d’une biographie rapide, car si l’on regarde d’un peu plus près, l’œuvre de Céline est l’objet régulier de polémiques violentes en raison de son antisémitisme haineux et de la violence de ses déclarations et cela même si ses deux premiers romans, «  Voyage au bout de la nuit » écrit en 1932 qu’il dédiera à son grand amour Elisabeth Graig et qui lui vaudra le prix Renaudot, puis  « Mort à Crédit » écrit en 1936 sont considérés comme des chefs d’œuvre littéraires.

Louis-Ferdinand Céline, écrivain, antisémite ignoble, et médecin, ne semble s’épanouir qu’au milieu des invectives, qu’il les profère ou qu’elles soient dirigées contre lui.

Dans leur ouvrage « Céline, la race, le Juif » paru chez Fayard, le philosophe Pierre-André Taguieff et l’historienne Annick Duraffour disent que nous ne pouvons plus distinguer chez Céline l’écrivain de l’antisémite obsessionnel. Car l’antisémitisme de Céline n’est pas un accident mais se situe bien au cœur de sa pensée et de son écriture.

Pour les deux auteurs, Céline a été pendant l’occupation nazie un collaborateur engagé aux côtés des nazis et pas seulement par des mots comme dans ses articles et pamphlets qu’il donnait dans les journaux collaborationnistes mais aussi par des actes comme lorsqu’il dénonça aux autorités en octobre 1940  un certain Joseph Hogarth « un médecin non naturalisé » dont il souhaitait obtenir le poste.

A la fin de la guerre, après le débarquement allié en Normandie en 1944,  Céline s’échappe avec son épouse Lucette et son chat Bébert. Ils se réfugient avec tout ce que la France collaborationniste et Vichyste compte de représentants à Siegmaringen en Allemagne.

Puis l’exil les conduira au Danemark. Condamné par contumace en 1950 pour collaboration, Céline et sa femme Lucette rentreront en France  l’été 1951.

C’est à ce moment-là que commence la fiction, quand Céline s’installe à Meudon et entreprend avec son éditeur Gaston Gallimard une correspondance dans le pur style Célinien.

Extrait du scénario 

SCÈNE 10

Int. Jour – Bureau de Louis-Ferdinand Céline

LOUIS-FERDINAND CÉLINE 

Le bureau de Louis-Ferdinand Céline se trouve dans sa maison de Meudon. Il est donc au calme. Dans le jardin, son chien aboie de temps à autre.

LOUIS-FERDINAND CÉLINE, écrivant rageusement

Mon cher Gallimard,

J’ai l’ambition bien légitime de faire partie de cette galerie d’auteurs publiés au « Livre de poche ». Quelle publicité ! Et gratuite ! Quel moyen de toucher enfin la jeunesse ! Un mot de vous, à la bonne oreille suffirait. Mais voilà ! A quel gang, quelle cellule, synagogue, pissotière, parti, loge faut-il appartenir ? Votre ami attentif, LFC

Fondu.

Mon cher ami,

Vous n’aurez pas mon prochain livre, c’est tout, si je ne suis pas à « La Pléiade » dans trois mois. Le reste est blablas, fatigue. Je ne crois pas un mot de votre plaidoyer financier pour refuser de m’intégrer dans cette collection destinée à finir dans la bibliothèque d’un notaire de province. Si vous aviez fait un effort publicitaire sur « D’un Château, l’autre », il s’en serait vendu facilement 60 000. Pingrerie ? Frousse ? Les deux sans doute. Rigolade et amitié, LF Destouches

Enchaînement immédiat avec la scène suivante.

L'invité Emile Brami

Emile Brami, écrivain, libraire, galeriste et auteur
Emile Brami, écrivain, libraire, galeriste et auteur © Radio France / Valérie Priolet

Emile Brami est écrivain, libraire et galeriste et auteur de plusieurs livres dont une biographie remarquable sur Ferdinand Céline en 2003 « je ne suis pas assez méchant pour me donner en exemple », éditions Ecriture/Archipoche. Entre 2010 et 2012, il abandonne le métier de libraire pour devenir directeur littéraire de L'Éditeur, une maison d'édition créée par Olivier Bardolle. En 2013, il reprend rue Borda à Paris, dans le III è arrondissement, la librairie D'un livre l'autre à laquelle il a ajouté une galerie spécialisée dans l'Art Brut. Il vient tout juste de terminer un roman « Notre Crime » aux éditions Ecriture qui sortira le 3 janvier 2018.

Le scénariste Léo Koesten

Léo Koesten, scénariste
Léo Koesten, scénariste © Radio France / Valérie Bour

Léo Koesten est né le 26 mai 1945. Il a partagé sa vie entre enseignement – il a été, notamment, professeur d’allemand et de communication à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, et médias – il a gagné deux prix de télévision pour des courts-métrages, le premier sur le compositeur Olivier Messiaen, le second sur le peintre surréaliste Max Ernst.
Pour ARD, la première chaîne de télévision allemande, il a suivi durant 5 ans le Tour de France cycliste en réalisant de très nombreux reportages à caractère touristique et culturel.
Il est l’auteur de nombreux manuels d’apprentissage du français destinés aux lycéens allemands, d’une centaine de pièces et de reportages pour la radio allemande à Cologne et de plus d’une trentaine de pièces historiques et de polars pour France Inter: France dans le cadre d’Affaires sensibles, un docufiction consacré à l’écrivain Marguerite Yourcenar. Il a également écrit la fiction sur Pierre Dac , sur le chef d’orchestre Herbert von Karajan, et sur Hergé.

Générique

« Vous auriez une rubrique torche-cul que mes livres y figureraient » Louis-Ferdinand Céline

De Léo Koesten

Une réalisation de Michel Sidoroff

Avec

  • François Siener 
  • Bernard Gabay 
  • Igor De Savitch 
  • Pierre-Marie Baudoin
  • Pauline Chevillier
  • Alain Macé
  • Bruitage : Bertrand Amiel
  • Prise de son, montage, mixage : Emilie Couet, Claude Niort
  • Assistante à la réalisation : Louise Loubrieu

Programmation musicale

  • Charles AZNAVOUR : Ecrire
  • Serge GAINSBOURG : Nazi rock
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