Aujourd’hui dans Affaires sensibles : les aventures du Commissaire Marcel Guillaume, l’homme que l’Histoire a presque oublié au profit de son double, le commissaire Jules Maigret, héros fictif et populaire des romans éponymes de Georges Simenon.

16 mars 1928, La Varenne, le commissaire Guillaume (ici rentrant dans la voiture) enquête sur le meurtre du bijoutier Truphème
16 mars 1928, La Varenne, le commissaire Guillaume (ici rentrant dans la voiture) enquête sur le meurtre du bijoutier Truphème © Maxppp / Bibliothèque Nationale de France

Marcel Guillaume était le policier que la presse de l’entre-deux-guerres surnommait « L’As de la PJ ». Un flic craint, respecté et redouté par tout le milieu du grand banditisme. Un homme considéré par sa hiérarchie comme le meilleur enquêteur du « 36 quai des Orfèvres ». Chef de la brigade spéciale de la police judiciaire de 1928 à 1937, le commissaire divisionnaire Guillaume a dirigé la plupart des grandes affaires criminelles parisiennes de son temps. 

De l’arrestation des criminels de la Bande à Bonnot à l’interrogatoire du tueur en série Landru – en passant par l’enquête sur l’assassinat du président Doumer ou le dossier du diamantaire Mestorino – Guillaume a eu à affronter et à élucider toutes sortes de crimes. Ce qui lui vaudrait d’être sollicité en 1945 pour intégrer le groupe d’enquête international afin d'élucider la mort d’Adolf Hitler à Berlin. 

Fort de méthodes d’interrogatoires novatrices et fin psychologue, le commissaire Guillaume va devenir l’une des sources d’inspiration d’un jeune écrivain en devenir – un certain Georges Simenon. Sous sa plume, Marcel Guillaume va alors se métamorphoser sur le papier en un flic qui répond au nom de Jules Maigret.  Et le procédé va être si parfaitement exécuté et la confusion presque si parfaitement entretenue par Simenon qu’aujourd’hui tout le monde ou presque a oublié le nom de Guillaume, pour ne retenir que celui de Maigret. 

Un récit documentaire d'Adrien Carat en partenariat avec RetroNews

Invité : 

Laurent Joly, historien, directeur de recherche au CNRS, il a présenté et annoté la dernière édition des mémoires du Commissaire Guillaume, un ouvrage passionnant, intitulé « Mes grandes enquêtes criminelles, de la bande à Bonnot à l’affaire Stavisky » qui vient d’être réédité par les Editions des Equateurs.

L’Œuvre, 6 février 1937 :  « Le commissaire Maigret ne serait autre que... le commissaire Guillaume. Ce qui fait que M. Simenon est en quelque sorte le père spirituel du célèbre divisionnaire... »

Pour aller + loin : 

Programmation musicale : 

  • Chet Baker : My funny valentine (1954)
  • Eddy Mitchell : La dernière séance (1977)
  • Juniore : Soudain (2020)
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