Aujourd’hui dans Affaires sensibles, l’histoire d’un fleuron de l’industrie française qui s’est obstiné à faire fonctionner sa cimenterie en Syrie coûte que coûte jusqu’en 2014 : le groupe Lafarge. Invité Ismaël Halissat, journaliste à Libération notre partenaire mensuel

La cimenterie Lafarge à Jalabiya au nord de la Syrie en février 2018
La cimenterie Lafarge à Jalabiya au nord de la Syrie en février 2018 © AFP / DELIL SOULEIMAN

Malgré la guerre civile, l’embargo sur le pétrole syrien, le racket de groupes armés en tout genre et l’instauration de l’Etat Islamique, Lafarge se maintient en Syrie alors que tous les autres groupes français plient bagage.

Les motivations peuvent être multiples. Lafarge ne voulait peut-être pas abandonner une nouvelle usine à 700 millions d’euros. Les dirigeants estimaient-ils que la guerre n’allait pas durer ? Et puis, maintenir une cimenterie dans un pays en guerre, c’est s’assurer une position de force lorsqu’il faudra tout reconstruire.

L’histoire de Lafarge en Syrie, c’est celle du capitalisme, de la mondialisation et du calcul cynique qui va avec. C’est aussi le récit d’une énorme erreur d’appréciation et d’un entêtement. 

Doit-on payer des pots-de-vin pour s’acheter la protection d’un groupe armé ? Peut-on mettre la vie de dizaines d’employés en danger pour continuer la production  de ciment? Comment se fournir en pétrole lorsqu’il est sous embargo ? Jusqu’où peut-on pousser sa relation avec un groupe terroriste ?

A toutes ces questions, nous ne donnerons aujourd’hui que des éléments de réponses, étant donné que l’instruction de cette affaire est encore en cours. Ce récit est basé sur les déclarations faites par les cadres de l’entreprise Lafarge aux enquêteurs français et sur leurs échanges de mails révélés dans la presse.

Invités Ismaël Halissat et Benoit Collombat 

Programmation musicale :

  • Mathieu Boogaerts – "Le ciment"
  • Jean-Louis Aubert – "Plâtre et ciment"
  • Django Django – "Storm"
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