Aujourd’hui dans Affaires sensibles : l’histoire d’un scandale politique qui a fait trembler l’Autriche et indigné le monde entier.

Lors de l'ouverture du "9e Festival de la ville de Vienne", le 3 mai 1986, le candidat à la présidence du Parti populaire autrichien, Kurt Waldheim, entouré de sympathisants et de spectateurs.
Lors de l'ouverture du "9e Festival de la ville de Vienne", le 3 mai 1986, le candidat à la présidence du Parti populaire autrichien, Kurt Waldheim, entouré de sympathisants et de spectateurs. © AFP / ROBERT JAGER

Au printemps 1986, les Autrichiens se préparent à élire leur nouveau président. Entre les candidats en lice, la haine et les coups bas l’emportent très vite sur la bataille des mots et le combat des idées. Les rues de Vienne se transforment d’ailleurs en théâtre de toutes les manigances. Les journalistes étrangers présents dans la capitale décrivent une ambiance pesante, tendue et nauséabonde. 

C’est dans ce contexte – et à moins de deux semaines du scrutin – qu’un journal autrichien révèle que l’un des candidats en lice pour l’élection aurait eu un passé nazi. Son nom : Kurt Waldheim. À 67 ans, le politicien est accusé d’avoir caché son passé d’officier dans l’armée du IIIème Reich pendant la Seconde Guerre mondiale. Pire, dans cette histoire trouble et sulfureuse, on découvre aussi qu'il aurait participé à la déportation et l’exécution de civils dans la région des Balkans. 

Si la controverse autour du passé de Kurt Waldheim dépasse vite les simples frontières de l’Autriche, c’est que l'individu n’est pas un simple criminel de guerre qui a échappé aux procès de Nuremberg. C'est bien pire : Kurt Waldheim a été Secrétaire général des Nations Unies dans l'après-guerre ! L’ONU aurait donc été pendant une décennie entre les mains d’un ancien nazi !

Une histoire qui démontre aussi toute la difficulté pour un pays comme l’Autriche d’aborder son passé, d’évoquer la question de l’antisémitisme et des responsabilités de certains de ses anciens dirigeants pour leur connivence avec le nazisme. 

Un récit documentaire d'Adrien Carat

Invité : 

Marc Lacheny professeur en études germaniques à l’Université de Lorraine – site de Metz et membre du comité de rédaction de la revue Austriaca. Il est l'auteur avec Anne-Marie Corbin de : Le travail de retour sur le passé à l'époque de la Seconde République autrichienne, aux Pressses Universitaires de Rouen et du Havre, revue Austriaca n°82 (2016).  Il a aussi rédigé : Autriche. Oublier son passé nazi ou devoir s’y confronter ? In La Documentation française, Grande Europe n° 26, novembre 2016

Programmation musicale : 

  • CASCADEUR Meaning (2021)
  • SOAP & SKIN Vater (2012)
  • THE NOTWIST Night's too dark (2021)

Pour aller plus loin : 

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