Il y a quelques semaines, c’était une jupe un peu trop longue. Il y a quelques mois, les repas dans les cantines. Il y a quelques années, une rumeur de racket de pain au chocolat en plein ramadan. À intervalle régulier, la polémique surgit. À chaque fois ou presque, elle concerne l’Islam. À chaque fois ou presque, elle prend corps au sein de l’institution scolaire.

En France, la première affaire de ce type éclate enoctobre 1989 , d’un fait divers : l’exclusion de trois collégiennes de leur école parce qu’elles refusent de retirer leur foulard en classe . La polémique enfle et prend une ampleur nationale. Pendant deux mois et demi, les Français s’affrontent. Deux camps se font face et il faut se positionner : faut-il, oui ou non, autoriser le port du voile à l’école publique ?

Dix ans d'interdiction du voile à l'école
Dix ans d'interdiction du voile à l'école © Maxppp / Jean-François Frey

De cette question initiale, le débat s’étend : place réservée aux femmes musulmanes, intégration, menace islamique, immigration. La boîte de Pandore est ouverte. Parce que la manière dont cette affaire surgit découle fortement de sa médiatisation. Si bien qu’au final, derrière ce foulard, c’est la société française dans son ensemble qui s’interroge et semble découvrir, circonspecte, les musulmans qui la composent.

Comment cette affaire est-elle devenue un phénomène de société ? Pourquoi prend-elle une telle ampleur à ce moment précis ? Quel rôle ont joué les médias ? Quelles ont été ses conséquences pour l’Islam et les Français musulmans jusqu’à aujourd’hui ?

Invité

A ces questions, nous répondrons en seconde partie d’émission avec Thomas Deltombe , journaliste et essayiste, il est notamment l’auteur de L’Islam imaginaire, la construction médiatique de l’islamophobie en France, 1975-2005 publié aux éditions La découverte.

Reportage

On le voit, c’est sur le terrain que nait l’affaire de Creil et celles qui vont suivre. A chaque fois. Ce n’est pas un hasard si c’est au cœur de l’école laïque que sont soulevées ces questions. C’est à l’école de la République que s’est mené le combat de l’anticléricalisme, de la laïcité, les hussards noirs de la République.

Notre reporter Anaëlle Verzaux s’est rendue à Nice, au tribunal administratif, pour assister à l’audience d’un procès opposant une femme musulmane voilée, mère d’un enfant scolarisé à l’école publique Jules Ferry, et la directrice de l’établissement scolaire. La mère voilée, qui avait l’habitude d’accompagner les élèves à des sorties scolaires, s’était vue refuser une sortie à la Médiathèque de la ville, le 6 janvier. Elle avait donc déposé un recours devant le tribunal administratif, afin qu’il se prononce sur le fond pour savoir si "légalement ou pas, ils avaient le droit de lui refuser d'accompagner cette sortie scolaire".

L’affaire des foulards

### **► Une émission à suivre, commenter et partager sur** [**Facebook** ](https://www.facebook.com/pages/Affaires-sensibles/731521173563624?ref=hl)**.**
Les invités
Les références
L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.