Aujourd'hui dans Affaires Sensibles l'histoire d'une catastrophe industrielle qui porte le nom emblématique de « Seveso ». Invité Patrick Lagadec est chercheur spécialiste de la gestion du risque et de la gestion de crise

Un policier italien pose des panneaux d'avertissement autour de la ville de Seveso, à la suite de la contamination de la zone par un nuage toxique qui s'est échappé de l'usine icmesa en 1976.
Un policier italien pose des panneaux d'avertissement autour de la ville de Seveso, à la suite de la contamination de la zone par un nuage toxique qui s'est échappé de l'usine icmesa en 1976. © Getty / Hulton Deutsch

Ce 26 septembre dernier, au petit matin, Rouen se réveille au son des sirènes, sous un épais nuage noir, dans une odeur d’enfer. Quelques heures plus tôt, au beau milieu de la nuit, un violent incendie s’est déclaré au sein de l’usine chimique de l’entreprise américaine Lubrizol. Depuis 2009, le site industriel est classé Seveso « seuil haut » – un mot qui fait frémir la capitale normande. 

Mais de quoi « Seveso » est-il le nom, exactement? Avant d’être le synonyme d’une réglementation européenne sur les risques industriels, Seveso, petite bourgade italienne de Lombardie, a d’abord été le théâtre d’un drame qu’on aurait pu éviter, l’histoire d’une catastrophe industrielle qui – bien avant celle de Bophal ou de Tchernobyl, fut la première à frapper l'opinion. 

Aujourd’hui, elle n’évoque plus grand-chose – peut-être parce que, officiellement, elle ne fit aucune victime directe. Ce serait oublier les évacuations en catastrophe, l'abattement des 77 000 têtes de bétail, les 193 enfants au visage grêlé de pustules, les avortements en série, les habitations rasées et les 220 000 personnes placées sous surveillance médicale.

La mémoire, qui ne retient souvent que les chiffres macabres, est parfois mauvaise conseillère. Parce que Seveso, qui fut en un sens la première grande catastrophe écologique, marquera le début de la prise de conscience de la dangerosité des sites technologiques.

Invité Patrick Lagadec

Patrick Lagadec est chercheur spécialiste de la gestion du risque et de la gestion de crise : son analyse à lire ici. Il est l'auteur de "La civilisation du risque" paru en Seuil en 2001 et tout récemment de "Le temps de l'invention, femmes et hommes d'Etat aux prises avec les crises et ruptures en univers chaotique" publié en juillet dernier aux éditions Préventives

Patrick LAGADEC
Patrick LAGADEC © Radio France / Valérie Priolet

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