Prenez un réalisateur italien réputé pour son cinéma subversif , ajoutez-y une poignée d’acteurs géniaux, saupoudrez d’une pincée de sexe, de plusieurs cuillères de scatologie et d’un brin de goinfrerie. Mélangez sur une bobine de 35 mm et déposez le tout sous le soleil cannois. Vous obtenez le scandale deLa Grande Bouffe : l’orgie cinématographique de Marco Ferreri qui secoue le Festival de Cannes et la France, en mai 1973.

La Grande Bouffe
La Grande Bouffe ©

Et encore, « secouer », le mot est faible tant le film divise. Le suicide gastronomique et collectif de quatre bourgeois provoque ce que certains appelleront « le scandale de la décennie ». Deux camps se font face : d’un côté, on crie au génie, de l’autre à l’obscène. Et comme souvent au printemps, quand la croisette attrape froid, c’est la France entière qui est enrhumée. Alors, dans la foulée du festival, La Grande Bouffe devient le passage obligé de toute conversation. La rumeur court… « T'as vu la Grande Bouffe ? Alors ? »… Il faut faire son choix, pour ou contre… prendre position devient une nécessité sociale.

Pendant ce temps, Marco Ferreri savoure. Son cinéma qui bouscule, dérange, inquiète… vient de réussir un grand coup : Il a touché «physiquement» le spectateur.

Invité

Jean Gili , critique et historien du cinéma italien, directeur du festival du cinéma italien d’Annecy. Son dernier ouvrage s’intitule : Luchino Visconti et la critique française , publié aux Éditions de l’Amandier en 2014.

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