Cet acte meurtrier nous replonge dans le Paris du début des années 1980, à une époque où les nébuleuses terroristes d’Abou Nidal et de Carlos semaient la terreur à coup de colis piégés ou d’attaques à l’arme automatique en plein cœur de la capitale.

Logo Asala
Logo Asala © Radio France

Cette époque, c’est celle des débuts d’un terrorisme publicitaire qui vise à briser le silence médiatique autour de causes « tiers-mondistes » par des actions spectaculaires. La lutte intellectuelle se retrouve éclipsée au profit de la lumière qu’apportent les télévisions du monde entier sur cette bataille par les armes et par le sang.

Parmi ces causes « tiers-mondistes » qui n’avaient à la base rien à voir avec la violence, il y en a une à part : celle du peuple arménien, premier royaume chrétien de l’histoire mais aussi première nation meurtrie par un génocide au XXème siècle, bien avant les Juifs, les Cambodgiens ou les Rwandais. Leur objectif est louable en tout point : faire reconnaître au monde entier le crime dont ils ont été les victimes et qui a conduit entre avril 1915 et juillet 1916 à l’extermination de près d' 1,3 million d’entre eux, c'est-à-dire 80 à 90% de la population arménienne d'alors, par ce qui était encore l’Empire Ottoman.

Restées face au mur de l’indifférence pendant près de 60 ans, les revendications intellectuelles arméniennes se sont, elles aussi, au milieu des années 1970, retrouvées aspirées puis dépossédées de leur cause par des justiciers du génocide qui entrent dans une lutte armée pour attirer l’attention du monde sur leur cas. Un temps tolérée, cette lutte armée va finir par se dissocier de la cause arménienne, laissant la place à une folie meurtrière unilatérale qui va commettre l’irréparable jusqu’à atteindre le paroxysme de la terreur à l’aéroport d’Orly, ce 15 juillet 1983.

Invité

Notre invité, Gaïdz Minassian , journaliste au Monde service Débats, est l’auteur d’un excellent ouvrage de synthèse sur le sujet intitulé Guerre et terrorisme arméniens , paru aux Presses Universitaires de France en octobre 2002. Il vient de publier Arméniens, le temps de la délivrance et Trois mille ans d'historiographie arménienne aux CNRS Editions et, enfin, 1915, le rêve brisé des Arméniens chez Flammarion.

Une émission à suivre, commenter et partager surFacebook.

Les invités
Les références
L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.