Aujourd’hui dans Affaires Sensibles , l’histoire de Vincent Humbert, jeune homme de 21 ans, tétraplégique, aveugle et muet, qui demande un jour de novembre 2002 au président Jacques Chirac le droit de mourir. On le lui refusera, sa mère l’aidera.

"Quand un homme demande à mourir" Documentaire (Quark Productions)
"Quand un homme demande à mourir" Documentaire (Quark Productions) © Radio France / Anne Georget

L’affaire Vincent Humbert, c’est le début de ce débat qui ne cesse de gronder.

C’est un tabou qui fait la Une de façon quotidienne dans nos journaux. Grâce à la lettre et au choix de Vincent Humbert, l’euthanasie a dépassé le seuil de l’intimité d’une chambre. Avec cette affaire, et celles qui suivront, en famille, entre amis, dans le monde hospitalier comme dans les couloirs de l’Assemblée, on débat, s’interroge, s’oppose sur la fin de vie. Faut-il accompagner les malades jusqu’à la mort s’ils le souhaitent et que plus rien n’est possible ? Les médecins et les politiques doivent-ils désormais franchir la frontière de la vie ?

Depuis la mort de Vincent, certes les députés ont légiféré et pourtant, pourtant les malades ne trouvent toujours pas un chemin honorable vers leur mort. Sans un bruit, certains proches et médecins bravent l’interdit. La loi de 2005 ne répond pas à toutes les questions. Depuis son vote, d’autres noms, d’autres demandes de mourir, d’autres affaires liées à cet interdit surgissent dans nos journaux. On pense à la demande de Chantal Sébire, au drame de Vincent Lambert où amour, famille et religion s’entrechoquent, à celle de Jean Mercier accusé d’avoir tué sa femme en l’aidant à mourir, ou au docteur Bonnemaison accusé quant à lui d’avoir accéléré le décès de sept patients. C’est désormais aux robes noires et aux juges que l’on demande de trancher entre la vie et la mort.

Pourtant la mort est l’affaire de tous, et pas une affaire singulière. Elle est un sujet sensible par excellence car elle touche à l’inconnu, se confronte aux idéologies, philosophies et religions de chacun. La médecine désormais fait des miracles dont celui d’éviter, parfois, le plongeon brutal vers la mort. Mais ces vies suspendues sont-elles vivables ? pour le malade ? pour les proches ?

Alors aujourd’hui, sans juger, nous allons évoquer ces vies en suspend dont certains demandent l’arrêt. Nous donnerons la parole à Vincent, grâce à des extraits de son livre « je vous demande le droit de mourir » qu’il nous a laissé comme un testament. Mais aussi les mots de ses compagnons, ceux de sa mère, de son médecin et des hommes politiques.

Notre invitée :

En seconde partie, nous recevrons Véronique Fournier , qui dirige depuis 2003 le centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin, elle est l’auteur d’un livre passionnant sur la question de la fin vie intitulé Puisqu’il faut bien mourir .

Reportage :

Notre reporter Anaëlle Verzaux est allée à Chaumont, rencontrer Guy qui, atteint d’une maladie incurable, souhaite préparer sa mort.

Il rencontre Claude Hury, présidente de l’association « Ultime Liberté ».

A travers son association, Claude Hury propose aux personnes qui souhaitent mourir, soit de les accompagner jusqu’à leur mort en France, avec les moyens légaux autorisés par la loi de 2005, c’est-à-dire l’arrêt des soins, soit de les accompagner en Suisse pour faire un suicide assisté, parce qu’en Suisse c’est légal.

Là, nous sommes à Chaumont, dans l’est de la France, et nous assistons au premier rendez-vous entre Guy et Claude.

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