Aujourd’hui, le massacre des Kurdes à Halabja, qui durant trois jours en mars 1988 ont été la cible des bombardements à l’arme chimique de Saddam Hussein.

Habitantes d'Halabja pendant le bombardement à l'arme chimique
Habitantes d'Halabja pendant le bombardement à l'arme chimique © Sipa / OZTURK RAMAZAN

Ce sont les tranchées de la Première Guerre mondiale qui ont servi de laboratoire aux savants et aux chefs d’armées de la guerre chimique. Le mal s’appelle alors gaz moutarde, gaz irritant ou gaz chloré toxiques. En 1925, à Genève, les anciennes forces belligérantes signent un protocole pour prohiber l’emploi de gaz asphyxiant toxique et de moyens bactériologiques mais sans interdire leur production, leur développement et leur stockage. Il faut attendre l‘année 1993 pour que l’interdiction complète des armes chimiques et la destruction des arsenaux existants soit actées. Entre temps, sur les terres irakiennes, pendant les années 80, le monstre chimique s’abat pendant plusieurs années notamment sur les territoires où vivent les Kurdes. Le massacre le plus important se déroule à Halabja, où près de 5000 personnes succombent sous les gaz. Jusqu’à ce jour, il est le cas le plus grave d’utilisation par un État de l’arme chimique contre sa population.

Raconter l’histoire d’Halabja c’est revenir aux temps des guerres irakiennes extérieures et intérieures de Saddam Hussein et dans ses ruines ; c’est reprendre la route des réfugiés kurdes, entendre leurs histoires puis revenir avec eux dans leurs villages détruits ; écouter les témoignages de ceux qui ont vécu les attaques et les massacres et constater que 5, 10, 20 ans après, la mort chimique ronge toujours les corps et les terres de cette ville. Alors que s’est-il passé à Halabja et dans les terres kurdes d’Irak sous le règne de Saddam Hussein ? Qu’a fait la communauté internationale face à ces attaques ? De quoi Halabja est-elle le symbole ?

Pour parler de ce drame, de l’histoire des kurdes d’hier et d’aujourd’hui, nous avons la chance de recevoir Frédéric Tissot, médecin et humanitaire. Il est devenu un compagnon des Kurdes dès le début des années 80. En 1989, aux lendemains de la guerre Irak/Iran, il est en charge de l’accueil de 335 Kurdes en France. Fin 2007, il devient le premier consul de France au Kurdistan d’Irak, fonction qu’il quitte en septembre 2012. Il est l’auteur d’un livre passionnant sur son parcours L’homme debout édité chez Stock.

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Bibliographie :

L’homme debout, de Frédéric Tissot (Stock)

La question kurde, dirigé par Elisabeth Picard (éd. Complexe)

Le malheur kurde, de Gérard Chaliand (Seuil)

Dictionnaire chronologique des guerres du 20ème siècle, dirigé par Jean Hubac (Hatier)

Conflit kurde : Le brasier oublié du Moyen-Orient d’Hamit Bozarslan (Autrement)

Génocide en Irak, Middle East Watch, département de Human Rights Watch (Karthala)

La revue L’Histoire n°429 (novembre 2016) : dossier “Les Kurdes, mille ans sans Etat”.

Programmation musicale :

ADELE - Million years ago

Nilufer YANYA - Small crimes

KASABIAN - Acid turkish bath (shelter from the storm)

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