L’histoire de L’Arche de Zoé interroge les limites de la solidarité internationale

Abeche, Tchad. Des enfants que l'association francaise, l'Arche de Zoe, s'apprête à faire embarquer dans un avion pour la France
Abeche, Tchad. Des enfants que l'association francaise, l'Arche de Zoe, s'apprête à faire embarquer dans un avion pour la France © Maxppp / Notre Temps

Le 25 octobre 2007, les membres de l’association L’Arche de Zoé sont arrêtés à Abéché, une ville de l’Est du Tchad. À bord du convoi qui fait route vers l’aéroport, a pris place un groupe de volontaires français et 103 enfants africains. Ils s’apprêtaient à s’envoler pour la France.

Stoppés avant leur départ, les membres de l’association se défendent : il s’agit d’une évacuation sanitaire d’orphelins du Darfour, région en guerre du Soudan voisin. Très bien, sauf que les enfants ne sont ni soudanais, ni orphelins, ni victimes des massacres du Darfour.

Autre chose que de l'humanitaire

L’affaire est grave. Nicolas Sarkozy et son gouvernement se retrouvent confrontés à une situation extrêmement gênante, au cœur d’une région marquée par la guerre et l’instabilité. Rejaillissent avec cet événement, les spectres de la Françafrique et du néocolonialisme. Dans l’opinion, on se déchire : "bricoleurs de l’humanitaire", "idéalistes", pour les uns ; "mercenaires voleurs d’enfants" pour les autres, "héros d’une cause laissée à l’abandon" pour les plus compréhensifs, tout du moins, ceux qui n’imaginent pas qu’on puisse être portés dans l’humanitaire par autre chose que l’humanitaire.

L'histoire de L’Arche de Zoé soulève surtout des interrogations : quel rôle a joué l’État français dans la surveillance et la gestion de cette association ? Si les réponses se trouvent, comme souvent, entre les lignes, il n’en reste pas moins que l’histoire de L’Arche de Zoé interroge les limites de la solidarité internationale.

Invité: Joachim Lafosse

Le réalisateur belge Joachim Lafosse dont le film Les Chevaliers blancs, produit par Les Films du Worso et sorti en 2015, s’inspire de cette histoire

Vidéo Ina

En 2008, la justice française a confirmé lundi la durée de la peine prononcée au Tchad contre les six membres de L'Arche de Zoé, pour tentative d'enlèvement de 103 enfants qu'ils disaient orphelins du Darfour, en transformant les huit ans de travaux forcés en huit ans de prison. Leurs avocats ont immédiatement annoncé qu'ils allaient faire appel, dénonçant un jugement "inique".

Sons

Réécoutez l'interview réalisée avec Rama Yade, lors de la première diffusion de cette émission le 23 février 2015.

Réécoutez le reportage de Gaylord Van Wymeersch , qui avait rencontré le journaliste de l’Agence Capa, Marc Garmirian, reporter au sein de l’équipe de L’Arche de Zoé au moment des faits.

Programmation musicale: BEIRUT "Nantes" et Emily LOIZEAU "L'autre boout du monde"

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