Georges Rémy a pris comme pseudonyme les premières lettres de ses nom et prénom, R et G, pour signer ses bandes dessinées. Tintin est né !

Portrait daté du 25 novembre 1972, du dessinateur belge Hergé, le père du héros de bande dessinée "Tintin".
Portrait daté du 25 novembre 1972, du dessinateur belge Hergé, le père du héros de bande dessinée "Tintin". © AFP / BELGA

La fiction du vendredi: « Hergé le père de Tintin, apôtre de la ligne claire »

Une émission proposée par Christophe Barreyre

Ecrite par Léo Koesten

Réalisée par Michel Sidoroff et Juliette Goux

Georges Rémy est né le 22 mai 1907 à Etterbeeke en Belgique. Il décèdera 24 albums des aventures de Tintin plus tard, à l’âge de 75 ans, à Woluwe-Saint-Lambert en Belgique.

C’est en bas de ses cahiers d’écolier et de lycéen qu’il dessine, horizontalement les aventures d’un jeune garçon en prise avec l’armée allemande de la Première guerre mondiale. « C’est depuis mon enfance, confie Hergé, que j’aimais raconter des histoires et que je les racontais en dessins ».

En 1928, l’abbé Norbert Wallez, directeur du quotidien catholique « Le 20e siècle », confie à Hergé la responsabilité du supplément du journal, « Le Petit 20e », un supplément destiné, bien sûr, à la jeunesse. C’est le 10 janvier 1929 que « Le Petit 20e » publie la première des aventures de Tintin : « Tintin au pays des Soviets ». L’abbé Wallez, farouchement anticommuniste décide lui-même d’envoyer Tintin en Russie bolchévique, comme il décidera plus tard de l’envoyer au Congo, ne serait-ce que pour montrer à quel point le paternalisme belge est un bienfait pour la population noire.

Au printemps de 1934, Hergé fait une rencontre décisive pour la suite de sa carrière de dessinateur : alors qu’il s’apprête à dépêcher Tintin en Chine, un étudiant chinois, Tchang Tchong Jen, l’incite à s’informer sur le pays dans lequel son héros va évoluer. Par ailleurs, Tchang, peintre lui-même, apprend à celui qui est devenu son ami, à simplifier le trait de ses dessins. C’est ainsi que l’album « Le Lotus bleu » verra le jour, et, bien plus tard « Tintin au Tibet ».

Durant la Seconde guerre mondiale, Hergé collabore au quotidien « Le Soir », un quotidien que ses compatriotes nomment « Le Soir volé ». En clair, le dessinateur détourne le regard des souffrances qu’endurent les peuples que les nazis veulent asservir.

Le succès des aventures de Tintin est foudroyant. A tel point que « Tintin au pays des Soviets », paru à l’époque en noir et blanc, paraîtra en janvier 2017 dans une version colorisée et que le Grand Palais lui consacre une exposition jusqu’au 15 janvier 2017. Un succès qui traverse le temps...

Extrait du scénario

SCÈNE 2

INTÉRIEUR JOUR – Bureau d’Hergé

HERGÉ / LE DOCTORANT / LE CAPITAINE HADDOCK

LE DOCTORANT

Peut-on dire que vous êtes un apôtre de la ligne claire ?

HERGÉ

Apôtre … le mot est fort, non ?

LE DOCTORANT

La référence à votre éducation ultra-catholique.

HERGÉ

J’en suis peu ou prou revenu. Mais je l’admets : elle a laissé des traces, un fond de droitisme. J’aime l’ordre, que voulez-vous.

LE DOCTORANT

Nous en reparlerons, si vous voulez bien. Tout d’abord, je voudrais savoir comment vous avez appris à simplifier les traits de vos dessins.

HERGÉ

En fait, tout a commencé par une histoire d’amitié avec un jeune Chinois. J’avais annoncé dans le journal de Tintin que j’allais envoyer mon héros en Extrême-Orient. Et, suite à cette annonce, j’ai reçu une lettre qui me disait ceci : « Je suis aumônier des étudiants chinois à l’université catholique de Louvain. Si vous montrez les Chinois comme les Occidentaux se les représentent trop souvent, avec, par exemple, une natte qui était jadis un signe d’esclavage, si vous les montrez fourbes et cruels, si vous parlez de supplices chinois, alors vous allez cruellement blesser mes étudiants. »

LE DOCTORANT

C’est donc à partir de ce moment-là, c’est-à-dire à partir de l’album « Le Lotus bleu » que vous avez commencé à faire des recherches avant de lancer Tintin dans l’aventure.

HERGÉ

Exactement. L’aumônier en question m’avait adressé un jeune étudiant qui était dessinateur, sculpteur, peintre, poète et qui s’appelait Tchang Tchong Jen.

LE DOCTORANT

Ce nom, vous l’avez donné au petit Chinois que Tintin rencontre là-bas, dans « Le Lotus bleu ». Il devient son ami et le sauvera bien plus tard, dans « Tintin au Tibet ».

HERGÉ

Oui, Romain. Grâce à Tchang, j’ai découvert une civilisation que j’ignorais complètement et, en même temps, je prenais conscience d’une responsabilité. Et de ce jour, j’ai, à chaque fois, recherché de la documentation sur les pays et les populations qu’allait découvrir Tintin.

LE CAPITAINE HADDOCK, avec un très léger écho

Et si on parlait un peu de moi ?

NOTRE INVITE : Albert Algoud

Albert Algoud
Albert Algoud © Radio France / Christophe Barreyre

Humoriste, écrivain décalé, journaliste et Tintinophile, Albert Algoud

D’abord professeur de français, vous devenez amuseur à la radio ici même à France Inter et à la télévision.

De 2003 à septembre 2005, vous êtes rédacteur en chef du magazine Fluide glacial.

Tintinophile, vous avez publié Dictionnaire amoureux de Tintin aux éditions Plon en octobre 2016.

Et une série de livres sur Tintin:

Tintinolâtrie, 1987.

Le Haddock illustré, 1991 ; dictionnaire des insultes du capitaine Haddock.

Le Tournesol illustré, 1993.

Le Dupondt sans peine, 1997.

L'Archipel Tintin, éditions Les Impressions Nouvelles, 2004 - nouvelle édition 2012

La Castafiore, biographie non autorisée, éditions Chiflet & Cie, 2006

Petit dictionnaire énervé de Tintin, collection Petit dictionnaire énervé, éditions Opportun, 2010

LE SCENARISTE : Léo Koesten

Léo Koesten, scénariste
Léo Koesten, scénariste © Radio France / Valérie Bour

Léo Koesten est né le 26 mai 1945. Il a partagé sa vie entre enseignement – il a été, notamment, professeur d’allemand et de communication à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, et médias – il a gagné deux prix de télévision pour des courts-métrages, le premier sur le compositeur Olivier Messiaen, le second sur le peintre surréaliste Max Ernst.

Pour ARD, la première chaîne de télévision allemande, il a suivi durant 5 ans le Tour de France cycliste en réalisant de très nombreux reportages à caractère touristique et culturel.

Il est l’auteur de nombreux manuels d’apprentissage du français destinés aux lycéens allemands, d’une centaine de pièces et de reportages pour la radio allemande à Cologne et de plus d’une trentaine de pièces historiques et de polars pour France Inter, France Inter qui a diffusé le 26 décembre 2014, dans le cadre d’Affaires sensibles, un docufiction consacré à l’écrivain Marguerite Yourcenar. Il a également écrit la fiction sur Pierre Dac et sur le chef d’orchestre Herbert von Karajan.

Pour la série Au fil de l’histoire, il a écrit une pièce d’une durée de 30 minutes, Du sang sur la Rose blanche, l’histoire de ces jeunes Allemands qui avaient appelé la population allemande à résister aux nazis et qui l’ont payé de leur vie. Dans ce texte pour France Inter, il y avait matière à pièce de théâtre. C’est ainsi que sont nés Les Peintres, un texte écrit en collaboration avec Laurent Cazanave. Cette pièce a été publié aux éditions L’Harmattan et fera prochainement l’objet de lectures dans le Sud de la France.

Pour l’heure, Léo Koesten met la dernière main à un court-métrage et à une pièce de théâtre commandée par la ville de Sèvres, pièce qu’il a intitulée Les défis de Madame de Pompadour.

Générique de l'équipe :

Avec :

Bernard Lanneau

Nicolas Raccah

Francois Siener

Sophie Daull

Michel Derville

Prise de son, montage et mixage : Jehan-Richard Dufour et Lidwine Caron

Assistant à la réalisation : Lélio Plotton

Réalisation : Michel Sidoroff

►►► Lire à ce sujet, sur France Inter Hergé en 7 détails méconnus et cinq détails que vous ignorez peut-être sur Tintin

Les références
L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.