Aujourd’hui, dans Affaires sensibles, on tente de comprendre comment la volonté d’endiguer une menace terroriste a conduit à la renforcer.

Un soldat français de l'opération Barkhane traverse un potager près des rives du fleuve Niger à Gao, au nord du Mali, le 30 mai 2015
Un soldat français de l'opération Barkhane traverse un potager près des rives du fleuve Niger à Gao, au nord du Mali, le 30 mai 2015 © AFP / PHILIPPE DESMAZES

Les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis provoquent un séisme politique mondial et ouvrent une nouvelle page de l’histoire des relations internationales. Dans son discours, au lendemain du drame, le Président Bush dénonce un nouvel “axe du mal” constitué d’états dits “voyous” qu’il faut, à tout prix, neutraliser pour garantir la sécurité des démocraties. Alors que la charte de l’ONU défend le principe de non-ingérence dans les affaires des états souverains depuis 1946, la lutte contre le terrorisme devient dès lors un prétexte permettant à certaines puissances occidentales de mener des interventions militaires au Moyen Orient, au Makhrech mais aussi en Afrique subsaharienne. C’est dans ce contexte qu’en janvier 2013, appuyé par les forces militaires de la CEDEAO, et par les missions successives de l’ONU, François Hollande décide d’intervenir dans l’une des anciennes colonies de la France : le Mali.

Retour sur une guerre lointaine qui, depuis 7 ans, peine à intéresser les Français, et a précipité en août 2020 l’effondrement de l'État malien et la chute du Président IBK (Ibrahim Boubacar Keïta). Les soldats français, accueillis en héros en 2013, sont désormais priés de plier bagage et de rentrer chez eux par une population malienne en mal de souveraineté.

Un récit documentaire de Bettina Lioret 

Invité : 

Laurent Bigot, ancien sous-directeur de l’ Afrique Occidentale au Ministère des Affaires Étrangères,  devenu consultant indépendant.  Auteur d'une tribune dans Le Monde du 27 août 2020 : "Au Mali, la France est encore et toujours dans le déni face aux réalités sahéliennes"  (site payant) 

Pour aller +loin : 

Sur la situation actuelle dans le Centre du Mali (région de Mopti et Djenné), notamment la cohabitation de plus en plus meurtrière entre les communautés Peule (des éleveurs nomades) et Dogon (des cultivateurs sédentaires), ce magnifique reportage photo et cartographique dans le Monde (site payant) : Dans le centre du Mali, des villages rasés par les violences et la famine

Programmation musicale : 

  • Boubacar Traore : Dis lui que je l'aime comme mon pays (2017)
  • Ali-Farka Touré : Radio Mali
  • Damon Albarn : Bamako city (2005) 
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