Aujourd'hui dans "Affaires Sensibles", voici l’histoire de l'une des plus grandes erreurs judiciaires françaises du XXIe siècle. Loïc Sécher, accusé de viol sur une adolescente de 14 ans est condamné à 16 ans de prison. Pourtant pendant toute l’instruction, il nie les faits. Il le répète : il est innocent.

 Statue de Dame Justice
Statue de Dame Justice © Getty / Classen Rafael

En novembre 2000, Loïc Sécher, 40 ans, est interpellé pour le viol d’une adolescente de 14 ans. Pendant toute l’instruction, il nie les faits. Il le répète : il est innocent.

Comme bien souvent dans les cas de viols, il n’y a ni témoin, ni preuve matérielle. C’est parole contre parole. 

Ici, en l’occurrence, c'est l’accusation d’une adolescente en grande détresse contre un homme dont le portrait dressé dans le dossier judiciaire a tout du coupable idéal.

Présenté comme alcoolique et dépressif, au chômage, Loïc Sécher aurait même, selon les experts psychiatres « de manifestes aspects de pédophilie ». 

Alors en première instance comme en appel, le verdict des jurés est le même : 16 ans de prison.

Plus de sept années après, Émilie, la victime, fait marche arrière, et envoie à la justice une lettre qui relance l’affaire. On peut y lire : "Loïc Sécher est innocent et je ne supporte plus de le savoir en prison".

Après avoir été incarcéré plus de 2 655 jours, soit sept années et trois mois, Loïc Sécher est finalement libéré, acquitté puis indemnisé après de longues années de démarches judiciaires. C’est une décision de justice exceptionnelle : il devient ainsi le septième condamné blanchi, après un procès en révision, depuis 1945.

L’affaire Sécher restera pour toujours une tache pour la justice de notre pays. Mais c’est également un cas qui interroge sur la sacralisation de la parole de l’enfant et de l’adolescent, un des sujets très sensibles qui animaient la société à l’époque mais encore aujourd’hui.

Notre invitée, Maître Cécile de Oliveira du barreau de Nantes, est l'avocate d'Émilie durant le procès de Loïc Sécher.

Ressources documentaires

Programmation musicale

  • Daniel Darc : Et quel crime ?
  • Bernard Lavilliers/Jeanne Cherhal : L'Espoir
  • Patrick Watson : Dream of dreaming
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