Dans notre émission "Affaires Sensibles", voici l’histoire du terrible incendie de la boîte de nuit, le 5-7, à Saint-Laurent-du-Pont en Isère, en 1970. Notre invité est le journaliste, Patrice Morel, originaire de la région et qui a vécu ce drame.

Une vue générale du dancing "Cinq-Sept" avec son panneau publicitaire à Saint Laurent du Pont dans l'Isère après l'incendie qui l'a ravagé, faisant 146 jeunes victimes, dans la nuit du 1er au 2 novembre 1970
Une vue générale du dancing "Cinq-Sept" avec son panneau publicitaire à Saint Laurent du Pont dans l'Isère après l'incendie qui l'a ravagé, faisant 146 jeunes victimes, dans la nuit du 1er au 2 novembre 1970 © AFP / AFP

Au matin du 1er novembre 1970, la France se réveille au son d’un récit glaçant. Dans la nuit, 146 personnes, dont la plupart n’ont pas encore 20 ans, ont péri dans un incendie qui, en quelques minutes seulement, a ravagé la salle de l'un des dancings les plus fréquentés de l’Isère. 

Dans un chaos que les rescapés peinent à décrire, des dizaines de jeunes venus faire la fête se sont retrouvés pris au piège d’une salle en feu dont les décors en plastique s’embrasent et fondent en quelques minutes seulement. 

Cet événement qui a endeuillé de nombreuses familles de la région, de Chambéry jusqu'à Grenoble, est la conséquence d’une impensable légèreté, de la part des propriétaires d’abord, qui, en négligeant la pluplart des règles de sécurité, ont enfermé les jeunes fêtards dans ce que les pompiers qualifient rapidement de "boîte d’allumettes prête à s’enflammer". 

Mais des autorités ensuite, qui en fermant les yeux sur une construction bancale et, sur de nombreux points, illégale, ont en quelque sorte permis à ce drame d’arriver.  

Cet événement tragique resté dans la mémoire collective est alors pourtant rapidement éclipsé par la mort du général de Gaulle, survenue sept jours plus tard. 

Une ironie relevée par le journal satirique Hara Kiri qui n’hésite alors pas à mêler les deux événements dans une Une restée dans les mémoires. Bal tragique à Colombey : un mort

Cette Une censurée par le ministère de l’intérieur est aussi celle qui signe la fin du journal et la naissance d’un hebdomadaire que nous connaissons tous aujourd’hui : Charlie Hebdo.  

Notre invité : Patrice Morel

Patrice Morel est journaliste, il est aussi un enfant du pays qui a vécu ce drame de près, et qui près de 50 ans plus tard, continue de marquer la mémoire de la région.  

Programmation musicale : 

  • Brigitte Fontaine / Pierre Areski : C'est normal 
  • The Rolling Stones : I can't get no satisfaction 
  • Deep Purple : Smoke on the water
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.