Des prisonniers français ont su marquer l’imaginaire collectif par leurs cavales, leurs CV de malfrats et leurs tentatives d’évasions spectaculaires. Mesrine, Carlos, Redoine Faïd... Sous les lumières, même à l’ombre. Mais parmi eux, l’un s’est davantage fait connaître pour son engagement : Roger Knobelspiess.

Roger Knobelspiess au Palais de justice de Rouen le 10 avril 1987
Roger Knobelspiess au Palais de justice de Rouen le 10 avril 1987 © Getty / Frederic REGLAIN Gamma-Rapho

À partir des années 1980, celui qui est passé du garnement normand né dans la misère se raconte dans huit livres, écrit des tribunes dans la presse, écume les plateaux de télévision. Il devient le symbole de la lutte contre les erreurs judiciaires et la monstruosité d’un système carcéral immuable. Plonger dans le passé de Knobelspiess, c’est se piquer à ce qu’il appelle lui-même l’injustice du sort. Une naissance en 1947 dans le Quart-Monde qui l’aurait voué à l’enfermement à Fresnes, Colmar ou Fleury-Mérogis. 26 ans de placard en une vie. Retracer l’histoire de Knobelspiess, c’est retracer celle de la taule.

Un récit documentaire de Constance Vilanova 

Invitée : 

Dominique Simonnot, journaliste spécialisée dans les affaires judiciaires et aujourd’hui contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) depuis octobre 2020.  Elle a publié au Seuil en 2019 : Coups de barre.   Justice et injustices en France

Pour aller + loin : 

Lettres de prison, de Roger Knobelspiess, chez Stock (1982) et chez le même éditeur : QHS, Quartier de Haute Sécurité (1990) 

Programmation musicale : 

  • Bernard Lavilliers : QHS (1983)
  • Jacques Higelin : _Ballade pour Roge_r (paroles de Knobelspiess, 1988)
  • Darkside : Liberty bell (2021)
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