La fête des années 1950 : Paris, rive gauche, dans les caves et les cabarets où musiciens, chansonniers, mimes et humoristes ont éclairé les nuits de l'après guerre.

Des musiciens dont Boris Vian,  autour de Michelle Vian, répètent au Lido de Paris le 4 mai 1949 avant l'ouverture du Festival international de Jazz.
Des musiciens dont Boris Vian, autour de Michelle Vian, répètent au Lido de Paris le 4 mai 1949 avant l'ouverture du Festival international de Jazz. © AFP / PIGISTE

Pour la dernière semaine de la saison, Affaires sensibles a décidé de vous proposer une semaine thématique sur la fête, du lendemain de la Libération aux raves des années 2000. Drôle d’idée me diriez-vous ? Et pourtant se plonger dans cette histoire, c’est découvrir les tournants de nos nuits, un quartier à la couleur de la nuit, la naissance de nouvelles poésies et les éclats d’une génération brisant les mythes des pères pour en ériger de nouveaux, éphémères.

Est-ce une affaire sensible ? Évidemment. La nuit n’est pas si simple. La fête a mauvaise réputation comme son public et ses artisans. Dans ces lieux où nous allons vous emmener, les paroles comme les notes sont souvent osées. On boit, on fume et on rencontre des amants d’un soir. C’est ainsi que va la fête, contrôlée et improvisée, commerciale et artisanale, oubliée et mystifiée. Elle ne dure qu’un temps, le temps d’une génération dont celle qui suit efface le souvenir, la mode et les codes, pour en créer d’autres.

Pour cette première émission, nous partons à Paris, rive gauche, dans les caves et les cabarets où musiciens, chansonniers, mimes et humoristes ont éclairé les nuits de l’après-guerre. On ne pourra bien sûr pas citer tous ces lieux et tous ces artistes mais vous entendrez les souvenirs de certains noctambules qui sont devenus célèbres : Juliette Greco, Raymond Devos, Barbara, Moustache et quelques autres. Certains témoignages sont extraits du documentaire touchant et passionnant d’Yves Jeuland Il est minuit, Paris s’éveille, le reste sort tout droit des archives de l’INA.

Venons à l’histoire du jour.

Quand on parle de culture et de mouvement, il est difficile de définir une ligne de démarcation entre le monde qui meurt et celui qui émerge. Pour raconter ces nuits parisiennes, nous avons fait le choix de débuter ce récit en 1947 et de finir le voyage au cours des années 60. Pour les jeunes auditeurs, à l’époque, la télévision était à ses balbutiements, elle n’était pas encore au centre de nos soirées. Le tourne disque, lui, s’est démocratisé vers les années 1955 pour devenir l’objet indispensable de toute soirée. C’était le temps d’une renaissance, celle d’une jeunesse qu’on a mis sous silence pendant quatre ans, quatre années pendant lesquelles l’Occupation avait interdit tout folie nocturne, musicale, artistique. Où pouvions-nous passer la nuit sur ces années-là ? Qui étaient ces noctambules et les artisans de ces spectacles tardifs ?

Vidéo INA :

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Invité Henri Gougaud

Pour parler de cette époque où la poésie a irrigué la fête à Paris, nous avons la chance de recevoir Henri Gougaud, écrivain, poète, conteur mais aussi « homme qui chante ». Venu de Carcassonne à la fin des années 50, il nous racontera la nuit quand il avait 20 ans en province puis celles qui ont suivis à Paris quand les cabarets ont dû faire face à Salut les copains et aux discothèques.

Documentation

Programmation musicale

  • Serge GAINSBOURG "Chez les yéyés"
  • Boris Vian "La complainte du progrès"
  • Barbara "La chanson d'Hector"
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