Aujourd’hui dans Affaires sensibles, les attentats terroristes de Bombay de novembre 2008. Invité Gilles Boquérat, spécialiste de l’Asie du Sud, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique et auteur du “Pakistan en 100 questions” chez Tallandier.

Un soldat indien pointe son arme vers l'hôtel Taj Mahal à Mumbai le 29 novembre 2008,
Un soldat indien pointe son arme vers l'hôtel Taj Mahal à Mumbai le 29 novembre 2008, © AFP / PEDRO UGARTE

Le 26 novembre 2008, Bombay, capitale économique de la péninsule indienne est à feu et à sang. Pendant soixante heures, dix terroristes de 20 ans mettent la ville à genoux. Séparés en plusieurs commandos, tout est préparé, orchestré, millimétré. Le monde retient son souffle.

Les assaillants attaquent les symboles de la réussite du pays : hôtels de luxe et restaurants fréquentés par des Occidentaux. Équipés d’armes automatiques et d’un calme effrayant, ils tirent en continu dans la gare centrale traversée chaque jour par des milliers d’Indiens et prennent plusieurs personnes en otages dans un centre communautaire juif. En tout, du 26 au 29 novembre, 7 points de la ville sont visés. Un vrai bain de sang : 174 morts, plus de 300 blessés.

Parmi les assaillants, un seul survivant, Ajmal Kasab qui avoue appartenir à une organisation islamiste, le Lashkar-e-taiba ou “Armée des purs” dont les camps d’entraînement se situent au Pakistan. 

Et pas de doute, c'est la réussite indienne que l'on cible. Les terroristes veulent tétaniser touristes et investisseurs étrangers, paralyser le centre économique du pays et démolir l'image de l'Inde à l'international. 

Inde et Pakistan, les deux frères ennemis se sont livrés une guerre sans merci à trois reprises en seulement soixante ans. L’objet de cette haine viscérale : la région du Cachemire, revendiquée à la fois par Delhi et Islamabad. La province est répartie en deux zones depuis 1947, l’une indienne, l’autre pakistanaise. C’est justement au Cachemire  Indien que Lashkar-e-Taiba s’est fait connaître dans les années 1990 après avoir combattu l’armée soviétique en Afghanistan dix ans plus tôt.

Les attentats de Bombay ravivent un conflit larvé, aiguisent nationalisme hindou et fondamentalisme pakistanais et menacent des alliances stratégiques essentielles à l’équilibre de l’Asie du Sud. Comme d’habitude, la géopolitique s’invite dans le massacre.

Invité Gilles Boquérat

Gilles Boquérat est spécialiste de l’Asie du Sud et particulièrement des relations indo-pakistanaise, chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique et auteur du Pakistan en 100 questions" aux éditions Tallandier (2018)

Gilles BOQUERAT
Gilles BOQUERAT © Radio France / Valérie Priolet

Ressources documentaires

Programmation musicale :

  • ASIAN DUB FOUNDATION : Stop the bleeding
  • LITTLE SIMZ : Offence
Les invités
  • Gilles BoqueratChercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique, spécialiste du Pakistan.
L'équipe
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