Aujourd’hui, dans Affaires Sensibles, les manifestations de juin 2013 en Turquie.

Soutien au manifestations turques à Strasbourg, 8 juin 2013
Soutien au manifestations turques à Strasbourg, 8 juin 2013 © Maxppp / PHOTOPQR/L'ALSACE

À intervalle régulier, ces derniers mois, la Turquie s’invite au cœur de l’actualité : frappée par des attentats récurrents, confrontée à l’arrivée de milliers de réfugiés, en guerre contre les kurdes du PKK, soupçonnée de fermer les yeux sur les activités de l’Etat Islamique. Une fois encore, la Turquie, ce pays entre deux rives, à la croisée de l’Occident et de l’Orient, la tête en Europe, le corps en Asie, se retrouve au centre des grands enjeux de notre temps. Un pays qui a surtout longtemps fait figure de pôle de stabilité face à un Moyen-Orient dévasté par les guerres, et de modèle pour un possible entre démocratie et Islam.

Qu’en est-il de la Turquie intérieure ? De ses dirigeants, de sa nation, de son peuple ? Comment cette position de pivot entre deux aires géographiques et civilisationnelles influe-t-elle sur la société turque ? De ce point de vue, les grandes manifestations survenues en juin 2013 apportent un élément de réponse. Pendant trois semaines, un mouvement démocratique sans précédent fait vaciller le pouvoir du gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan. Débutée comme une contestation civique, localisée et spontanée, la mobilisation s’est vite transformée en révolte politique et urbaine à travers tout le pays.

La forme du soulèvement, le profil de ses acteurs, la violence de la répression, tout concourt à faire de cette mobilisation une rupture de l’histoire turque récente. Mais y’a-t-il réellement un avant et un après « Gezi » ? L’étouffement du mouvement par Erdogan n’est-il pas plutôt la confirmation d’une dérive autoritaire du pouvoir, latente depuis plusieurs années ? Cet événement ne vient-il pas surtout rappeler les tensions, les oppositions, d’un pays coupé en deux, tiraillé entre la crainte de perdre son identité et son désir de modernité ?

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En seconde partie d’émission, nous reviendrons sur ces questions avec Olivier Bertrand, ancien journaliste de Libération, il travaille actuellement pour le pure player Les Jours, pour lequel il écrit de nombreux articles sur la Turquie.

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