Une fiction écrite par François Luciani et réalisée par Sophie-Aude Picon. Bienvenue dans la nébuleuse de l’évasion fiscale, des fraudeurs et de l'oligarchie. Invitée Monique Pinçon-Charlot, sociologue et coauteure de "Le Président des Ultra-Riches" aux éditions le Découverte.

Aujourd'hui le détournement fiscal ne touche pas que les grands sociétés du Cac 40, des banques proposent leurs services aux petits entrepreneurs
Aujourd'hui le détournement fiscal ne touche pas que les grands sociétés du Cac 40, des banques proposent leurs services aux petits entrepreneurs © Getty / Maximilian Stock Ltd.

Dans le premier épisode nous avons exploré la nébuleuse de l'optimisation et l'évasion fiscale, leur mécanisme et leur pratique légale ou non à travers les CumCum et CumEx. 

Aujourd'hui le détournement fiscal ne touche pas que les grands sociétés du Cac 40, les banques elles-mêmes proposent des services étudiés pour leurs clients ! Des petits entrepreneurs passent directement par internet pour optimiser comme ils disent ! 

Le chiffre donne le tournis et montre l'étendu du travail restant à accomplir : Selon un rapport du Syndicat solidarités-finances publiques,  syndicat Solidaires-Finances publiques, dévoilé par Marianne, le montant total de la fraude fiscale s'élève à 100 milliards d'euros par an

Selon cette étude réalisée tous les cinq ans, ce montant est supérieur de 20 milliards à celui relevé dans le dernier rapport en 2013. Un montant d'autant plus important qu'il ne prend pas en compte les fraudes sur les prélèvements sociaux.  Le syndicat n'est pas le seul à quantifier de manière alarmiste le coût exorbitant de l'évasion fiscale. Oxfam a lui estimé le coût total à entre 60 et 80 milliards par an ! C’est à la limite du supportable pour beaucoup de français qui paient leur impôts et qui gagnent peu. 

Alors y-a-t'il une véritable volonté politique en matière de lutte contre la fraude fiscale ?

Extrait du scénario 

Scène 9.2 Bureau doré de François-Xavier de Maupin

François-Xavier de  Maupin : Salut, Jean, j’ai deux bonnes nouvelles, je commence par laquelle ?

Jean Laborderie : Les deux.

François-Xavier de  Maupin : J’ai parlé au Président pour les 55 milliards d’euros.

Jean Laborderie : Ah… oui ?  Et alors ?

François-Xavier de  Maupin : C’était la bonne nouvelle.

Jean Laborderie : Et l’autre ?

François-Xavier de  Maupin : On va lancer une commission d’enquête parlementaire.

Jean Laborderie : Quand ?

François-Xavier de  Maupin : Incessamment sous peu.

Jean Laborderie : Tu as une idée du calendrier ?

François-Xavier de  Maupin : Non. 

Jean Laborderie : C’était ça, la deuxième bonne nouvelle ?

François-Xavier de  Maupin : Oui.

Jean Laborderie : Du coup, rien ne presse.

François-Xavier de  Maupin : Non, on a tout notre temps.

Jean Laborderie : Génial ! Alors, qu’est-ce que tu fais pour Pâques ?

François-Xavier de  Maupin : Je ne sais pas encore.

Jean Laborderie : Qu’est-ce que tu dirais d’une petite balade en famille aux Antilles ? J’ai des amis qui ont un voilier, un ketch, 72 pieds, je te dis pas, une merveille…

François-Xavier de  Maupin : Pourquoi pas... Il s’appelle comment, leur voilier ?

Jean Laborderie : Cum Ex.

François-Xavier de  Maupin : Cum Ex ? C’est bizarre comme nom…

Jean Laborderie : Pourquoi ? C’est un nom comme un autre…

Martin Puget

Les Antilles, au printemps, sous les alizées. C’était comme si j’y étais…

Je les voyais, tous ensemble, avec leurs femmes et leurs enfants, en bermudas de marque et lunettes fumées, hissant la grand-voile sur leur pont en teck, lever leurs verres à leur santé, et à celle de la République. Je ne les enviais pas, non, je les voyais, c’est tout.

Ils vivaient leurs rêves au présent, le facteur temps leur était favorable. Ils étaient nés du bon côté, ils avaient la chance avec eux, et même la météo. Qu’il faisait doux, ce soir-là, à bord du Cum Ex, au soleil couchant…

Je n’ai jamais plus entendu parler d’Ingrid Fischer. Je sais qu’elle repartie à Bonn, en Allemagne, qu’elle a repris son travail de fonctionnaire de l’administration. Quand on lui a demandé pourquoi elle avait fait tout cela, il paraît qu’elle a répondu simplement : 

Ingrid Fischer : J’ai fait mon travail, c’est tout.

Invitée Monique Pinçon-Charlot

Monique Pinçon-Charlot est sociologue, ancienne directrice de recherche au CNRS, spécialistes de la bourgeoisie et de l’oligarchie françaises. Elle est auteure avec Michel Pinçon de nombreux livres d’investigation comme « La violence des riches : chroniques d’une immense classe sociale » ou encore « Sociologie de la bourgeoisie » et son dernier livre qui vient de paraître toujours aux éditions La Découverte : « Le Président des Ultra-Riches  : Chronique du mépris de classe dans la politique d'Emmanuel Macron » 

Monique PINÇON-CHARLOT
Monique PINÇON-CHARLOT © Radio France / Valérie Priolet

Le scénariste François Luciani 

Sa biographie ici et son blog là.

Archive 

France culture du 18.10.2018 papier de Catherine Pétillon sur l’enquête paru dans le monde sur le dossier cum cum , cum ex

Générique

« Le Facteur Temps » 

de François Luciani

Deuxième partie : « jeu de massacre » 2018-2019

Avec :

  • Martin Puget : Renaud Bertin
  • Capucine Murat : Claire Dumas
  • Sébastien : Florian Goetz
  • Ingrid Ficher : Irma Barry-Schmitt
  • François-Xavier de Maupin : Yvon Martin
  • Jean Laborderie : Bruno Paviot
  • Tarak Sundara : Olivier Coyette
  • Gregor Baumann : Johannes Hamm
  • Bruitages : Bertrand Amiel
  • Prise de son, montage et mixage : Claude Niort et Pierre Henry
  • Assistant à la réalisation : Pablo Valero
  • Réalisation : Sophie-Aude Picon

Programmation musicale :

  • Jacques Dutronc : « savez-vous planquer vos sous »
  • BOULEVARD DES AIRS : « argent trop cher »
Les invités
L'équipe
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