Aujourd'hui dans "Affaires Sensibles" 1996-1998 retour sur une expérience unique de justice dite restaurative : une commission visant à solder les comptes de l’Apartheid en évitant le bain de sang. Invité Georges Lory journaliste et diplomate, traducteur de poètes afrikaners et écrivain.

Audition de victimes à la Commission,de Vérité et de Réconciliation le 15 avril 1996 EAST LONDON, AFRIQUE DU SUD
Audition de victimes à la Commission,de Vérité et de Réconciliation le 15 avril 1996 EAST LONDON, AFRIQUE DU SUD © AFP / POOL

Du 15 avril 1996 au mois d’octobre 1998, les sud-africain font une expérience unique de justice dite restaurative : les victimes des crimes pendant l’Apartheid et leurs proches puis leurs bourreaux sont invités à venir raconter leur histoire au cours d’audiences publiques. Le but de cette commission : solder les comptes de l’Apartheid en évitant le bain de sang. 

Le mois de juin 1991 sonne la fin du régime ségrégationniste sud-africain. Démarre alors un processus de transition démocratique qui aboutit à l’élection de Nelson Mandela au terme des premières élections multiraciales 3 ans plus tard, en avril 1994 et à l’élaboration d’une nouvelle constitution. Mais les 45 ans d’Apartheid laissent une blessure à la cicatrisation difficile dans le pays. Les familles d’opposants au régime tués et torturés par les forces de sécurité du pouvoir blanc veulent que justice leur soit rendue, tout comme celles des victimes afrikaners et anglaises d’attentats des mouvements de libération noirs. 

Le défi qui s’impose à Nelson Mandela est alors immense : comment faire naître une nation unie de ce terreau ? Comment créer un pont entre les 35 millions de noirs, les 6 millions de blancs, et 3 millions d’indiens et métis qui doivent cohabiter dans le pays ? Comment donner vie au miracle sud africain ? 

L’idée du leader de l’ANC, le National African Congress, est ambitieuse. Mettre en place la commission vérité aux pouvoirs les plus étendus de l’histoire, sous la présidence du prix Nobel de la paix, l’Archevèque Desmond Tutu. Son rôle : mener une grande enquête au cœur des crimes de l’Apartheid, écouter, faire ressortir la vérité, amnistier au cas par cas mais en aucun cas condamner. 

Plus qu’un organe juridique, la Commission Vérité et réconciliation s’apparente à une psychothérapie collective géante, où les dimensions religieuses de confession, de rédemption et de pardon dominent les débats. Mais cela suffit-il à approcher l’idéal d’Ubuntu, une philosophie africaine au croisement des concepts d’humanité et de fraternité, porté par Nelson Mandela et Desmond Tutu, et ainsi réconcilier les Sud Africains ? 

Invité Georges Lory 

Georges LORY
Georges LORY © Radio France / Valérie Priolet

Georges Lory est journaliste, écrivain et traducteur d’auteurs Afrikaans, notamment Antjie Krog ou du prix Nobel John Cotzee. Il a été conseiller culturel à l’ambassade de France à Pretoria de 1990 à 1994 et a écrit plusieurs ouvrages sur l’Afrique du Sud.

Programmation musicale :

  • JAIN : Miriam Makeba
  • Johnny CLEGG & SAVUKA : Asimbonanga
  • FRANCOIS & THE ATLAS MOUNTAINS/François MARRY : La vérité
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