Aujourd'hui on a des couches qui se superposent à d'autres couches, tellement d'opinions, tellement de choses, c’est ça la guerre des murs. C'est le Facebook de la rue, mais c'est une guerre, sur les murs, à chaque fois. Il n'y a aucune censure, ils peuvent dire tout ce qu'ils veulent.

graffiti Tel Aviv
graffiti Tel Aviv © Radio France / Marie Sémelin

Nous sommes à Tel Aviv et vous venez d’entendre Nir, un streetartist, expert de l’art de rue. Cette guerre des murs elle a lieu à Tel Aviv, où la vraie guerre est moins présente qu'ailleurs mais où la politique investit la rue... Depuis 15 ans Nir suit les palpitations du pays à travers ce qui s'écrit dans sa ville... Alors que la vague de violence continue en Israël et dans les territoires palestiniens avec la guerre des couteaux, les murs se font les témoins de la situation politique... Un reportage de Marie Semelin

Nir connait chaque recoin de Tel Aviv, et il en a fait son métier. Il décrypte les collages, les posters, les graffitis pour les groupes à qui il fait visiter - car pour comprendre, il faut être d'ici :

Là ce qu'on a sur ce mur, on a le dessin d'un homme et en dessous c'est écrit "Le lance-pierre jouera". Ça vient d'une chanson israélienne très connue, d'un groupe qui s'appelle Kaveret et qui parle de David, le roi David, et Goliath. Et bien sûr les juifs aiment à se rappeler cette histoire, où le roi David gagne contre ce géant massif... Mais ici on voit que le garçon n'est pas le roi David, il a son keffieh qui lui couvre le visage, et le lance pierre c'est en fait les pierres que les jeunes palestiniens lancent sur le grand Goliath, l'armée d'Israël. Ça veut dire que l'artiste a pris l'image, l'histoire, et l'a changé pour que le roi David devienne en fait les Palestiniens, les petits, les enfants qui combattent contre le très fort et très grand, l'armée israélienne. Goliath.

Ruba Salame est artiste, Palestinienne d'Israël comme elle se définit, elle expose en galerie mais a aussi fait de l'art dans la rue -: elle évoque ici un projet commun avec Hafez Omar un autre artiste lui de Ramallah - ils ont construit des pochoirs qu'elle a ensuite réalisé dans les rues de Tel Aviv :

C'était un portait avec une expression d'étonnement qui est présente dans mon travail. L'étonnement, ça dit beaucoup de choses sur l'endroit où l'on vit. Parce que c'est surréaliste vous savez ! Quand vous faites quelque chose à Tel Aviv, vous voulez que les gens s'éloignent juste un peu, pour une seconde ou deux secondes de la bulle de Tel Aviv et réaliser un peu ce qui se passe autour. Et ce qui est drôle à Tel Aviv c'est que les gens ensuite ont fait des ajouts sur le portrait et c'est devenu interactif.

Pour celui qui regarde les murs de Tel Aviv ont tous les jours des messages différents - qui restent parfois seulement une heure, quand il y a trop de mécontents.

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