Un reportage de Nicolas Ropert, en Afghanistan

un millier de militaires français rentreront d'afghanistan d'ici l'été
un millier de militaires français rentreront d'afghanistan d'ici l'été © reuters

Le général Mehrabuddin Safi : « Je vous assure que l'Armée nationale afghane et que la police afghane sont capable de défendre la population de Kapissa. Donc je ne suis pas très inquiet. »

Nous sommes à Kaboul, les propos du général Mehrabuddin Safi qui se veulent rassurants.

Il dirige désormais la province de la Kapissa au Nord-est de l’Afghanistan, dans cette région où, jusqu’au 20 novembre dernier, la plupart des forces françaises étaient encore présentes. Les forces françaises qui sont rentrées en grande partie ces dernières semaines.

Et c’est donc l’armée nationale afghane qui a pris le relais…

C'est une province grande comme un département français. Mais c'est une zone éminemment stratégique, car la Kapissa est située à, à peine une heure de route de Kaboul, la capitale afghane. Après 4 ans de présence, les Français n'ont pas réussi à sécuriser entièrement la province. C'est ce que rapporte cet Afghan qui a travaillé pendant 2 ans en Kapissa.

« Quand je travaillais là-bas, j'ai pu aller dans beaucoup d'endroits, en particulier dans le nord de la Kapissa parce que c'est globalement sécurisé. Mais le sud de la province, je n'ai jamais pu y aller parce que c'est trop dangereux. Si tu vas là-bas, ils pensent que tu travailles pour le gouvernement ou pour les étrangers. Mais parfois, même les responsables du gouvernement ne peuvent pas se rendre dans certains villages. »

Le gouverneur de la province, le général Mehrabuddin Safi, assure que la transition entre Français et Afghans s'est bien passée. Les soldats de l'ANA, l'Armée Nationale Afghane, sont désormais capables d'assurer la sécurité. Le gouverneur préfère insister sur l'aide promise par la France. Une aide économique indispensable selon lui.

Le général Mehrabuddin Safi : « La Kapissa a besoin de développement, de progrès dans l'éducation et dans la santé. Ce sont des domaines où nos amis français ont promis de nous aider. Ils ont promis de nous aider pour la reconstruction, pour le développement. Je crois en leurs promesses et je leur demande qu'ils fassent ce qu'ils ont dit pour la Kapissa dans différents secteurs. »

Originaire de Nijrab dans le centre de la Kapissa, cet Afghan pense que la majorité des habitants ne soutiennent pas les Talibans. Mais il reconnaît que beaucoup d'insurgés sont encore actifs, surtout dans les zones pashtounes du sud de la province. Il se veut malgré tout optimiste.

« Je pense que l'armée afghane va réussir à sécuriser la zone, mais lentement car cela prendra du temps. Ils ont des problèmes d’approvisionnement, par exemple, pour tout ce qui concerne la nourriture, l'eau, les munitions… Parce qu'ils utilisent des véhicules de transports civils et parfois les insurgés, les talibans font des embuscades et prennent tout . »

Waheed Muhjda confirme la présence de Talibans dans certains districts. Cet analyste afghan qui les connaît bien fait le constat que seuls des discussions permettront de résoudre le conflit.

Waheed Muhjda : « Nous avons besoin de la paix. Si vous croyez que vous amenez la paix par la guerre, vous vous trompez. Sinon après 11 ans de guerre, on aurait la paix. Il y a 2 ou 3 semaines, il y a eu de lourds combats dans le district. Les Américains sont venus combattre les Talibans. Ils ont prêté main forte aux forces gouvernementales afghanes. C'est comme cela que ça se passe en Kapissa maintenant. »

Même si l'Etat-major français assure que les forces afghanes sont désormais autonomes, plus de 200 soldats américains ont été déployés sur la base de Tagab, là où étaient auparavant les Français.

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