Aller au travail avec ses enfants, c’est le projet d’un groupe de Berlinois qui sont en train de mettre en place le premier espace de « co-working familial » dans la capitale allemande.

Cyril Sauvageot, correspondant de France Inter en Allemagne, les a rencontrés.

le principe de la laïcité en crèche pourrait être réaffirmé par une loi
le principe de la laïcité en crèche pourrait être réaffirmé par une loi © reuters

Des bureaux et un jardin d’enfants dans le même espace. C’est le concept développé par une poignée de trentenaires berlinois pour faire face à la pénurie de place en crèches. Un problème récurrent en Allemagne, même si Berlin est mieux équipée que d’autres villes allemandes. Ce dimanche, une dizaine de ces futurs co-workers avaient rendez-vous dans un parc berlinois pour faire le point sur l’état d’avancement du projet.

Parmi eux, ce jeune papa a été l’un des premiers à se porter volontaire.

Ron :

Je m’appelle Ron. Je suis développeur de logiciels en free lance. J’ai deux enfants, deux ans et demi et six mois. Ils sont encore tous les deux à la maison. Ma femme aussi travaille en indépendant, et nous sommes à la recherche d’un mode de garde qui convienne à notre situation. Ce projet de «co-working» nous a tout de suite emballé.. C’est un mode de garde qui correspond complètement à notre projet d’éducation pour nos enfants… Et puis pour moi, le fait de ne pas perdre de temps entre mon lieu de travail et la crèche, ça va me permettre d’être plus efficace, de pouvoir parfois terminer plus tôt, et de passer plus de temps avec ma famille. Pour moi, c’est vraiment adapté.

Sur le papier, ce co-working familial ne présente que des avantages. Mais encore faut-il pouvoir travailler sereinement avec des bébés à proximité ! L’idée est donc de bien séparer les locaux en deux parties distinctes : d’un côté des bureaux, de l’autre la crèche, avec son personnel éducatif. Parents et enfants ne se retrouveront qu’une fois par jour, à l’heure de la pause déjeuner. Sandra, juriste et mère de deux garçons, est l’une des initiatrices du projet. Elle voudrait qu’il puisse servir d’exemple pour les entreprises.

Sandra :

Nous avons pour ambition d’inventer quelque chose de nouveau dans la prise en charge des enfants. Ces dernières années, le monde du travail a énormément changé : on nous demande toujours plus de flexibilité, il faut pouvoir travailler de chez soi, en horaires décalés. Et en même temps, les modes de garde n’ont pas évolué. Nous allons démarrer avec des gens qui travaillent en free lance, mais nous espérons vraiment que les salariés auront un jour accès à ce genre de choses. Les grandes entreprises, par exemple, pourraient et devraient établir des espaces de co-working.

Soutenus par la mairie de Berlin et même par la ministre de la Famille, les futurs co-workers berlinois ont encore du pain sur la planche. Le financement en crowdfunding n’est pas bouclé et il manque encore les certifications des services éducatifs. Ouverture prévue cet été !

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