A cause du sida, je suis de plus en plus faible et avec la sécheresse, je n’ai pas assez de nourriture dans l’estomac. Il est déjà trop tard pour planter quoi que ce soit.

Nous sommes au Lesotho, petit pays enclavé en Afrique du Sud, et vous venez d’entendre un patient de l’hôpital de Mafeteng. Dans toute l’Afrique Australe touchée par la sécheresse, ce sont près de 16 millions de personnes menacées par la faim selon l’ONU. Ce pays pauvre est particulièrement vulnérable, surtout que 23% de la population est atteinte du virus du sida ce qui rend les conséquences sanitaires de cette sécheresse dramatique. Liza Fabbian s’est rendue dans ce petit pays de 2 millions d’habitants.

A l’hôpital de Mafeteng, l’un des districts les plus touchés par la sécheresse, le personnel médical assiste à une multiplication des maladies liées au manque d’eau et de nourriture.

Beaucoup d’enfants souffrent de malnutrition… D’autres ont la diahrrée et même la diahrée avec du sang… Depuis le début de l’année, nous avons eu 63 cas de malnutrition… et 22 cas de dysenterie.

Les ONG craignent une recrudescence de la mortalité maternelle et infantile alors que certaines cliniques n’ont plus d’eau depuis des mois. Tahane a accouché dans un de ces centres de santé sinistré.

On m’avait prévenu qu’il n’y avait pas toujours de l’eau à la clinique. Du coup, il faut trouver quelqu’un qui peut aller chercher de l’eau pour vous quand vous accouchez. Tous les draps qui sont utilisés pendant l’accouchement, j’ai du les emmener chez moi pour les laver comme ils ne pouvaient pas le faire à la clinique faute d'eau ! Ensuite, il faut les leur ramener.

La sécheresse affecte également les malades du sida, particulièrement vulnérables. Mary Njoroge, directrice du programme alimentaire mondial au Lesotho.

Ils ont des besoins en calories plus élevés que la moyenne… Ce sont des gens qui doivent marcher très loin pour obtenir leurs médicaments, en plus de marcher loin pour trouver de la nourriture et de l’eau… et ils sont extrêmement affaiblis. Certains d’entre eux sont vraiment en très mauvaise santé, même si leur charge virale n’a pas augmentée.

Les patients affaiblis par la sécheresse sont tentés de stopper leur traitement multipliant les risques de transmission du sida.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.