Un reportage d'Estelle Maussion, à Luanda, en Angola

Asnis, danseur du ballet national angolais :

La kizomba est une danse diverse et inventive. Et la version moderne, dansée par nos parents et grands-parents, représente vraiment l’Angola à l’étranger. Nous avons déjà reçu des Brésiliens et des Guinéens venus découvrir notre samba à nous.

Asnis est intarissable sur la Kizomba, ce style musical emblématique de l’Angola et qui connaît un succès grandissant dans le pays, mais aussi au-delà de ses frontières, comme au Portugal, au Brésil, ou encore en France.

Une musique appréciée par toutes les générations d’Angolais et qui est née du mélange de la samba, du zouk et de rythmes traditionnels africains. Car la Kizomba est une musique qui porte en elle l’histoire de l’Angola.

Kizomba
Kizomba ©

Tous les lundis, mercredis et vendredis matins, Asnis retrouve ses camarades pour danser. Sous le regard de Domingos Nguizani, le directeur du ballet national angolais, les couples de jeunes s’exercent. La salle est sombre et ouverte sur la rue mais peu importe. L’ambiance est là dès les premières notes de kizomba, cette musique rythmée et sensuelle, emblème de l’Angola à l’étranger et aimée de tous dans le pays. Domingos Nguizani : « La kizomba que tout le monde danse aujourd’hui, son origine vient de la semba. Tous les esclaves partis d’ici, une fois à l’étranger, ont appris d’autres danses et il y a eu un grand mélange. Si vous écoutez du zouk, du meringué, de la rumba, c’est le mélange de tous ces genres qui a donné la kizomba. » Le style musical naît véritablement dans les années 1980 avec l’apparition des premiers chanteurs et groupes. Dès le départ, il est associé au divertissement : kizomba signifie fête en kimbundu, l’une des langues nationales, et cette musique va servir d’échappatoire aux Angolais pendant la longue guerre civile qu’a connu le pays jusqu’en 2002.« Kizomba signifie divertissement, amusement, fête. Le week-end, on se réunit et on va danser en discothèque ou chez des amis. La kizomba, c’est aller danser, aller faire la fête ! » Aujourd’hui, la musique est partout, à la radio, dans les discothèques, dans les mariages, au centre de concours artistiques. Elle s’exporte même, notamment en Europe, aux Etats-Unis et au Brésil. Pour le plus grand plaisir d’Eduardo Paim, chanteur, compositeur et l’un des créateurs du style.« La danse est selon moi le véritable alibi pour l’expansion de la musique kizomba. Car c’est une forme de danse avec rythme, avec créativité et qui laisse une grande place à l’imagination, pouvant ainsi séduire un large public. Donc à travers la danse, la musique bénéficie d’une attention redoublée. » Cette liberté offerte par la kizomba, les jeunes générations en profitent à fond. Certains artistes n’ont pas hésité à mêler kizomba et électro ou R&B, donnant naissance à un nouveau genre, le kuduro. D’autres, comme Anselmo Ralph, jouent sur la corde romantique et rencontrent tout autant de succès.

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