Un questions-réponses réalisé avec Marine de la Moissonnière, en direct de Buenos Aires, en Argentine

La Caldera Salta Argentine
La Caldera Salta Argentine © Radio France

Il y a un peu plus d’un mois, le 29 juillet, en fin d’après-midi, des touristes découvraient au bord d’un sentier de randonnée, dans une réserve naturelle de la région de Salta, dans le nord-ouest de l’Argentine, les corps de deux jeunes Françaises, violées et assassinées deux semaines plus tôt. Ce fait divers horrible a passionné les médias et les Argentins. Aujourd’hui,le crime n’est pas encore totalement résolu. Mais la justice locale est persuadée de tenir les meurtriers.__

Trois personnes sont toujours en prison et pour le juge, ce sont les coupables. Trois hommes originaires du coin. L’implication de l’un d’entre eux ne fait aucun doute. Son sperme a été retrouvé sur le corps de l’une de deux Françaises et vendredi, lors de la reconstitution du crime, il a avoué le viol. En revanche, on ne sait pas ce qu’ont fait les deux autres, ni lequel des trois a tué les Françaises.

- Plus d’un mois après la découverte des corps, pourquoi tant d’incertitudes subsistent-elles ?

Depuis le début, il y a un véritable sentiment de confusion autour de cette enquête et ce, pour plusieurs raisons.

D’abord, il y a le fait que les suspects eux-mêmes ont essayé de brouiller les pistes. Par exemple, dans les premiers jours après la découverte des corps, on a parlé de quatre touristes originaires de Cordoba qui se seraient promenés en même temps ou juste après les Françaises. C’était un mensonge des suspects, qui avaient falsifié le registre d’entrée dans la réserve naturelle.

Mais il y a aussi pas mal d’erreurs commises directement par les autorités locales. Des policiers qui parlent à tort et à travers ; le porte-parole du juge qui se contredit, et puis le secret de l’instruction qui n’a pas du tout été respecté. La semaine dernière, des journaux argentins ont publié certaines des photos que les Françaises avaient prises le jour de leur mort, dans la réserve naturelle. En théorie, l’appareil photo, qui est une preuve, est quand même censé être sous scellé.

- On peut s’interroger sur l’efficacité de la police locale, Marine ?

Oui. Officiellement, si cela prend autant de temps, c’est parce que deux des suspects nient en bloc. Mais il y a quand même des résultats de tests ADN sur les cheveux que l’une de deux Françaises tenait dans son poing, qu’on attend depuis pas mal de temps. Il y a une deuxième série de prélèvements ADN qui a été envoyée au labo avant-hier. On se demande pourquoi ça n’a pas été fait avant… Alors deux solutions : soit le juge est dépassé par cette affaire, qui est complexe, c’est vrai. Soit il fait les choses vraiment très bien pour, au final, faire plier les suspects et surtout, pour qu’aucun recours judicaire ne soit possible.

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