Karim Wasfi est revenu en Irak après la chute de Saddam Hussein pour remettresur pied l’orchestre symphonique national. Cette fois, il veut apporter un message de civilité et de paix. Cet homme a joué cinq fois sur les lieux d’attentats où des amis avaient trouvé la mort, il joue aujourd’hui chaque semaine auprès de personnes déplacées par la guerre. On le surnomme le « Rostropovitch » irakien.

Karim Wasfi Irak - format carré
Karim Wasfi Irak - format carré © Vanessa Descouraux / Radio France

Karim Wasfi , la quarantaine, un peu dandy séducteur, est issu d’une famille de musiciens irakiens.

Sa carrière a débuté aux États-Unis. Il a pourtant décidé de vivre en Irak coûte que coûte. Et à sa manière, il résiste à la spirale de la violence.

Chaque semaine, il rencontre des déplacés de la région d’Al-Anbar qui vivent tant bien que mal dans la mosquée d’Al-Nidah à Bagdad. Al-Anbar, une province ravagée par Al-Qaida, est aujourd’hui sous le contrôle de l’État Islamique.

Quarante-sept enfants vivent dans l’enceinte de la mosquée. Quand Karim Wasfi arrive, c’est la cohue.

Abdel ahman, 12 ans, vient de Falloujah. Il veut devenir violoncelliste :

J’aime la musique et je veux devenir une star comme monsieur Karim. C'est la première fois que je vois un violoncelle

Karim Wasfi : __

J'ai dit aux enfants, c’est un message de paix. Choisir la paix, ce n’est pas être faible, c’est être fort. C’est difficile de rester pacifiste et malheureusement c’est devenu si courant en Irak de tuer ou de propager la mort et des motifs de violence. Quand je suis arrivé, ces enfants étaient tristes, un peu renfrognés, un peu confus. Une heure après qu'ils aient entendu la musique, après qu ils aient touché le violoncelle, ils souriaient. La culture, la musique c’est un impératif (un MUST).

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Un rêveur, un idéaliste, les commentaires sont parfois moqueurs ou dédaigneux.

Lui dit vouloir montrer que l’Irak peut-être autrement. Ce printemps, deux de ses amis sont morts dans des attentats à Bagdad, il a alors décidé de jouer à l’endroit même des explosions. La vidéo a fait le tour du net.

Karim Wasfi : __

La première fois que j'’étais là avec mon violoncelle vieux de 300 ans, moi le chef de l’orchestre symphonique national, parmi les débris et les cendres et les pneus brûlés de l’attentat de la veille… peut-être même qu’ on marchait sur des morceaux humains de ceux qui étaient morts la veille.

Les passants et les voitures se sont arrêtés. Ils ont commencé à sortir de leur voiture, à filmer , à prendre des photos. Ils écoutaient ma musique. Et c’est intéressant, tous ces gens étaient unis.

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Karim Wasfi dirige l’orchestre philarmonique, forme des jeunes pour préparer la relève.

Et maintient coûte que coûte son école de musique.

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