Un reportage de François-Xavier Freland, à Caracas, au Venezula

Vladimir Ramirez : « Selon moi, et j’assume la responsabilité de mes propos avec fierté, Ilich est une figure révolutionnaire et je crois que c'est un exemple à suivre, au même titre que le Che Guevara »

Ilich Ramírez Sánchez (Carlos)
Ilich Ramírez Sánchez (Carlos) © Radio France /

Vladimir Ramirez Sanchez est le frère de Carlos, le terroriste vénézuélien dont un deuxième procès va débuter lundi prochain à Paris pour des attentats commis en France en 1982 et 1983 qui firent 11 morts. Il est le porte-parole de la famille et dirige une association qui milite pour le rapatriement d’Illich Ramirez Sanchez, Carlos, dans son pays. Rencontre avec ce frère à Caracas, au Venezuela, où Carlos a passé son enfance.

Au pied d'un immeuble, un homme à la silhouette étrangement familière. Un regard, aussi. Il s'appelle, Vladimir Ramirez Sanchez et il est le plus jeune frère d'un des terroristes les plus célèbres du monde, Ilich, qui répond du pseudonyme Carlos. Nous sommes dans le quartier El silencio à Caracas, juste à côté de l'Assemblée nationale. C'est là qu'a grandi celui que l'on surnomme aussi Le Chacal.

Vladimir Ramirez Sanchez : « Avec les frères, nous avons eu une vie très disciplinée. On ne faisait qu'étudier, Ilich lisait beaucoup. Mon père était un vrai marxiste dans sa manière d'être. Il ne voulait pas que ses enfants se laissent divertir par les tentations capitalistes ». Dans le quartier de El Silencio, aucune trace de Carlos, pas un graffiti à son effigie. Seul le film d'Olivier Assayas projeté au printemps dernier dans les salles, a réveillé le souvenir de Carlos au Venezuela, ou carrément fait naître le mythe. Ce film, justement, Vladimir Ramirez ne l'aime pas. Pour lui, il « satanise » son frère, selon ses propres mots, en en faisant un garçon plus tenté par l'argent et les femmes que par un idéal. Vladimir Ramirez nous emmène au lycée Fermin Toro juste en bas du palais présidentiel, un établissement qui est, depuis toujours, le bastion du gauchisme à Caracas. C'est là que son frère a étudié et là où, peut-être, ses convictions se sont renforcées.

Le sous-directeur de l’établissement, Raoul Noguera : « Vous savez, beaucoup d'autres hommes sont passés ici. Certains sont à l'Assemblée nationale, d'autres dans les ministères, beaucoup d'entre eux sont des grands idéologues du pays aujourd'hui. Tous sont de grands combattants révolutionnaires ». François-Xavier Freland : « Et pour vous, qui est Carlos? » Raoul Noguera : « C'est à lui de répondre à cette question devant les autorités de ce pays. Il doit définir ce qu'il est, mais il doit le faire devant la justice vénézuélienne » . « Pour le rapatriement de Carlos » peut-on lire sur le tee-shirt de Vladimir Ramirez, qui dénonce depuis toujours l'arrestation illégale de son frère au Soudan, par la police secrète française en 1994, et qui dénonce aujourd'hui l'inaction des autorités vénézuéliennes pour obtenir son retour, lorsqu'en novembre 2009, Hugo Chavez avait dit ceci :

Hugo Chavez : « Il est condamné à la perpétuité en France. Et on l'accuse de terrorisme. Mais en vérité, Carlos n'a jamais été autre chose qu'un héros révolutionnaire… Carlos ! »

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