A chaque fois que je veux manger de la nourriture nord-coréenne vraiment délicieuse, je viens dans ce restaurant !

File d'attente devant un restaurant à Séoul
File d'attente devant un restaurant à Séoul © MaxPPP

Nous sommes à Séoul, en Corée du Sud, et nous venons d’entendre un habitué d’un petit restaurant très particulier de la capitale : on y sert des spécialités de cuisine nord-coréenne, et sa patronne et tous les employés sont des réfugiés venus de Corée du Nord.

Le restaurant ne désemplit pas et constitue un exemple de « success story » plutôt rare : les transfuges nord-coréens en Corée du Sud souffrent de nombreuses discriminations et ont beaucoup de difficultés à s’adapter dans leur très capitaliste société d’adoption.

Reportage à Séoul de Frédéric Ojardias.

25 000 réfugiés nord-coréens vivent en Corée du Sud. Reconnaissables à leur accent, ils suscitent la méfiance et sont souvent traités comme des citoyens de seconde zone. Nés dans un système collectiviste, ils sont aussi mal préparés à la vie dans une économie capitaliste : beaucoup sont au chômage et peinent à s’intégrer.

Ce qui n’est pas du tout le cas de Lee Ae-ran ; réfugiée au Sud en 1997, cette entrepreneuse a ouvert il y a trois ans « Neungra Bapsang », un restaurant situé en plein cœur de Séoul.

Pour gagner sa vie ici, vous avez besoin d’argent, de compétences professionnelles et de relations. Mais les réfugiés arrivent de Corée du Nord les mains vides, ils n’ont rien de tout ça. J’ai ouvert ce restaurant pour les aider. Entre Nord-Coréens il n’y a souvent pas besoin de se parler, un échange de regard parfois suffit pour se comprendre. Nous n’avons pas de problème de différences culturelles [comme avec les Sud-Coréens]. Ce restaurant, c’est comme une petite Corée du Nord, même si on est à Séoul ! Les réfugiés qui viennent d’arriver peuvent s’adapter à leur nouvelle vie en travaillant ici.

Dans la salle, beaucoup de clients d’origine nord-coréenne... et en cuisine, Mme Choi, réfugiée au Sud depuis 6 ans

Je travaille ici depuis un an. Mme. Lee est une très bonne patronne, et le fait de nous retrouver tous entre Coréens du Nord, c’est très confortable pour moi.

Lee Ae-ran veut aussi faire connaître la cuisine nord-coréenne dans le monde entier… Elle ambitionne ainsi de vendre des gâteaux au chocolat - baptisé « Gâteaux de la réunification » - dans des cafés parisiens !

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