Un reportage de Reza Nourmamode, à La Paz, en Bolivie

Evo Morales, président bolivien :

Il faut panser les plaies du passé. La mer qu’aura la Bolivie ne sera pas notre propriété privée, la mer de la Bolivie sera une mer ouverte, pour tous les peuples du monde.__

Comme leur président Evo Morales, tous les Boliviens ne rêvent que d’une chose : récupérer un jour un accès maritime.Accès perdu lors d’une guerre contre son voisin chilien à la fin du XIXème siècle.

Fin mars, les Boliviens ont ainsi célébré leur traditionnel "Jour de la Mer".

Ecoliers, militaires, fonctionnaires et simples citoyens ont défilé dans les rues pour réclamer au Chili de rendre à la Bolivie son littoral perdu.

A La Paz, le reportage de Reza Nourmamode.

Etat major au garde à vous, gouvernement au complet, et défilé obligatoire pour les fonctionnaires et les écoliers du pays : le Jour de la Mer mobilise ici toute une nation.

La Bolivie a perdu ses 400 km de littoral au profit du Chili lors de la guerre du Pacifique, en 1879. Aujourd’hui encore, elle réclame à son voisin un accès souverain à la mer, s’estimant notamment lésée dans son développement économique.

Le retour à l’océan est ici un devoir patriotique et dès l’école, chaque petit Bolivien apprend que le Chili l’a injustement privé de connaître les bénéfices des pays maritimes.

Edson Marquez :

Depuis que j’ai l’âge de raison, nous célébrons ce jour et j’ai 34 ans. La Bolivie était plus grande. Il n’y a pas que le Chili, beaucoup d’autres pays nous ont quitté des terres. Comme tout Bolivien, je voudrais retourner à la mer, récupérer un accès maritime, c’est ce que nous désirons le plus.

Des discussions bilatérales sur le dossier maritime ont été entamées il y a quelques années.

Mais devant l’absence de résultats, la Bolivie a changé de stratégie et a déposé en avril dernier un recours devant la Cour Internationale de Justice de La Haye pour forcer Santiago à négocier.

Evo Morales espère également que le retour au pouvoir de la socialiste Michelle Bachelet au Chili créé une atmosphère plus positive entre les deux nations :

Si un dictateur comme Pinochet a pu proposer un accès maritime à la Bolivie dans les années 70, nous espérons qu’un gouvernement démocratique et socialiste puisse, en plein 21ème siècle, faire en sorte que ce droit devienne réalité. Ne perdez pas espoir. Nous avons déjà récupéré la patrie et notre dignité. Nous allons récupérer notre mer avec souveraineté. Nous sommes sur le bon chemin.

Si la majorité des Boliviens soutiennent le dialogue et le processus en cours à La Haye, certains, comme Ivan Postino , venu assister au défilé, sont partisans de solutions alternatives :

Il faudrait que le pays s’arme, avec des armes plus sophistiquées, en plus grande quantité, pour faire trembler les Chiliens, et récupérer la mer par la force. L’autre solution, c’est de créer une confédération Pérou/Bolivie/Chili, de faire un seul pays en effaçant les frontières.

De son côté, le Chili a prévenu qu’il ne dialoguerait pas sur le sujet tant que la Bolivie maintiendrait son recours devant la Cour Internationale de Justice de La Haye.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.