Un reportage de Sébastien Farcis, à Bangalore, en Inde

Suja : « Il ne faisait pas quelque chose tous les jours… S’il y avait un doute un jour, après il y avait longtemps sans rien et pendant ce temps il était très bien donc je me disais ‘pourquoi j’ai des doutes comme ca ? »

Les doutes de cette femme indienne, Suja, sont très graves et ont porté à conséquence: en juin dernier, elle a porté plainte contre son mari, un diplomate du consulat français de Bangalore, pour le viol de leur fille de 3 ans, qui a ensuite été mis en examen par la justice indienne.

Cette affaire fait scandale en Inde, et embarrasse la diplomatie française sur place.

Ce père, que l’on appellera Thierry, nie les faits et dénonce une machination. Il a récemment été relâché sous caution.

Pendant de longs mois, Suja dit avoir refusé de reconnaître ce qui se passait. Puis, sa fille a grandi et a commencé à s’exprimer plus clairement. Et c’est alors qu’elle a décidé d’agir. Aujourd’hui, Suja raconte, visiblement émue.

Suja : « Vers 3 ans et demi, elle commençait à dire bien clairement ‘j’ai mal quand je fais pipi car papa m’a fait mal dans le zizi’. Je me suis dit que j’avais plus qu’un doute, et que c’était très clair. Donc j’ai vu une gynécologue qui travaille avec les enfants notamment abusés. Elle a parlé avec ma fille pendant une heure et m’a dit qu’elle n’avait pas de doute sur le fait que ma fille était abusée sexuellement par son père. Si ça avait été quelqu’un d’autre, j’aurais été contente. Mais personne d’autre ne rentre dans notre maison »

Le 13 juin dernier, Thierry, son mari, qui était rentré pour déjeuner, s’est enfermé dans la chambre avec sa fille pour l’aider à dormir, selon lui. Mais Suja, elle, dit avoir trouvé l’enfant dans un état perturbé, et l’a tout de suite emmenée à l’hôpital. Par la suite, les médecins ont identifié des marques d’agressions sexuelles et des traces de sperme sur les vêtements de la fille. Celles-ci concorderaient avec l’ADN du père. Cependant, d’autres marques de sperme trouvées sur le corps de l’enfant, elles, ne correspondraient pas. C’est cet important élément à décharge qui a motivé la libération sous caution du diplomate. Et ceci pousse Thierry à douter de l’ensemble des rapports médicaux.

Thierry : « Je ne sais pas comment les médecins ont travaillé, mais je voudrais vraiment être sûr de comment les examens ont été faits. J’ai du mal à le croire par rapport à ce que j’ai vu du comportement de ma petite fille. Je ne l’explique pas. Je sais juste que moi, je n’ai pas touché ma fille. Je sais très bien que je suis innocent et donc pour moi, il est facile de comprendre à quel point il s’agit d’accusations mensongères qui visent à ruiner ma réputation et ma qualité de père. On est en pleine manipulation »

Le consulat de Bangalore affirme que cette affaire n’handicape pas la diplomatie française en Inde. Mais elle reste particulièrement suivie par les médias locaux, et pourrait devenir embarrassante au moment de la visite de François Hollande dans le pays, prévue dans environ deux mois.

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