Un reportage de Mirel Bran, à Paris, en France

Gilles Beretti : «Ce n’est pas la mafia à l’italienne où vous allez avoir des cadavres toutes les 5 minutes, mais c’est une mafia pour le vol. »

Roms, les "déplacés européens"
Roms, les "déplacés européens" © Nour-Eddine Zidane

Gilles Beretti dirige une unité de lutte contre la délinquance itinérante à Paris, où policiers français et roumains collaborent pour s’attaquer à une criminalité d’un genre nouveau : celle des enfants Roms. Ils sont environ 400 à travailler dans la capitale, encadrés par des réseaux familiaux bien structurés.

Vols, cambriolage, mendicité agressive… Des trafics extrêmement profitables pour ces réseaux mafieux roumains, et très difficile à démanteler.

Place de l'Opéra, à Paris, un jour de semaine. Des centaines de touristes se sont donnés rendez-vous sur les marches du monument. Une fanfare improvisée assure une ambiance festive. Des vacances presque parfaites dans la capitale française. Le tableau est pourtant incomplet. Au milieu de la foule, des jeunes filles Roms sont postées, bloc-notes à la main, sans but apparent. Ni touristes, ni parisiennes, elles sont en vérité à l’affut des passants les plus naïfs. Sur leur bloc-notes, le logo d’une association de sourds et muets. A l’aide de gestes, elles donnent à comprendre à ceux qui veulent bien s’arrêter qu’elles font un appel au don.

L’association est fictive et ces jeunes filles ne sont pas sourdes et muettes. Il s’agit d’une simple ruse pour soutirer de l’argent aux touristes. De l’arnaque à la charité d’un nouveau type.

Gilles Beretti est commissaire, et dirige d’une main de fer l’unité de lutte contre la délinquance itinérante. Cette unité spéciale et très discrète se trouve dans le commissariat du XIIème arrondissement de Paris. Son but : démanteler les réseaux de Roms venus de Roumanie qui ont étendu leurs tentacules dans les grandes capitales de l’Europe de l’Ouest. Pour faire face à cette nouvelle criminalité, la police française a demandé le soutien de la police roumaine. Depuis un an et demi, 17 policiers roumains travaillent jour et nuit dans les commissariats parisiens. Les opérations sont dirigées par le commissaire Gilles Beretti.

Gilles Beretti : «Ils nous ont aidé à identifier ces familles, ces enfants, les majeurs. Et il y a actuellement des enquêtes judiciaires en cours pour ces voleurs de téléphone portable, aux distributeurs de billets, pour cette mendicité en bande organisée, de façon à identifier quels sont les adultes donneurs d’ordre et à les mettre en cause, eux. »

A côté du bureau du commissaire, un jeune policier roumain se penche sur les nombreux dossiers qui concernent les réseaux roms. Derrière lui, accroché au mur, un énorme carton avec les photos des criminels arrangées en forme de pyramide.

Marius, le jeune policier roumain, nous montre les photos qui se trouvent en haut de la pyramide.

Marius : « Nous nous concentrons sur les têtes de réseau, ceux qui coordonnent. Les mineurs que l’on voit tous les jours dans la rue, ce sont que leur main d’œuvre. »

L’opération semble bien marcher. Ces derniers mois, plusieurs réseaux criminels roms ont été démantelés. Et Marius nous assure que ce n’est que le début.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.