Un reportage de , correspondante à Copenhague, Danemark

Emilie, pensionnaire en efterskole :

On dit ici qu’une année en efterskole, c’est comme en vivre sept parce qu’on découvre tellement de choses.__

Prendre son temps pour réfléchir à son avenir. C’est ce qu’on permet aux jeunes Danois en les envoyant en efterskole . Aujourd'hui, on compte plus de 250 de ces établissement au Danemark et chaque école a sa propre spécialisation : le sport, les langues, le dessin, le théâtre… Une année facultative dans ces pensionnats propres au système scolaire danois pour les jeunes entre 14 et 18 ans.

Comme près d’un jeune Danois sur trois, Emilie, 16 ans, a décidé de rejoindre une « efterskole », un pensionnat danois. Voilà maintenant quelques mois qu’elle a quitté le cocon familial pour vivre une année à Ranum. Et la journée commence tôt, à six heures et en musique.

C’est le ventre vide qu’Emilie enfile ses chaussures de sport pour le jogging matinal. Un passage obligé pour bien commencer la journée. Cette année d’efterskole, Emilie la voit comme une possibilité de grandir et avant de choisir une future orientation.

Emilie, pensionnaire en efterskole :

Ici, je suis devenue plus adulte. J’apprends ici tous les jours quelque chose de nouveau. Il y a aussi une semaine d’orientation où on peut se renseigner sur différentes professions. Ça va nous aider parce que l’année prochaine, on va devoir faire un choix pour notre avenir.__

discussion entre jeunes au Ranumefterskole
discussion entre jeunes au Ranumefterskole © Radio France / Sung-Shim Courier

Retour à l’internat pour un petit déjeuner en communauté. Filles et garçons se partagent tout naturellement les tâches ménagères. Dans ce bâtiment où vivent plus de cent élèves, il n’y a aucun surveillant, seulement le boulanger de l’école qui passe chaque matin pour papoter avec les jeunes pensionnaires.

Emilie, pensionnaire en efterskole :

Ici, on nous parle beaucoup de la notion de « liberté », et ici on est « libres» de faire plein de choses mais bien sûr, il y a des règles à respecter. Pour que notre école fonctionne, on doit s’entraider et respecter le règlement. C’est comme ça que ça marche.__

Ranumefterskole est tournée vers l’international. Chaque élève participe à trois projets comprenant trois voyages. Les parents danois paient environ 7000 euros l’année, une somme non négligeable. Mais la direction du pensionnat soutient que Ranum n’est pas réservé à une élite et qu’au contraire, il reflète la réalité de la société danoise. Joakim, l’un des directeurs

Joakim, un des directeurs :

Notre principale source de financement, c’est l’Etat. Il prend en charge environ 70% des frais de scolarité des élèves. Le reste, ce sont les parents qui doivent le payer. Mais les frais de scolarité sont proportionnels aux revenus de chaque foyer.__

Emilie chante dans une chorale avant de rejoindre l’internat où deux professeurs vont passer la nuit. Solveig est professeure d’Allemand et de Danois. Ce soir, c’est elle qui fait l’appel dans le bâtiment d’Emilie et c’est elle quelque fois qui essuie les larmes.

Solveig, professeure d’Allemand et de Danois :

Oui ça fait partie de mon travail parce que comme leurs parents ne sont pas là, c’est à nous qu’ils se confient s’ils pleurent ou si ça ne va pas. Mais ça fait partie des bons côtés de notre travail parce que si on est d’abord des enseignants, on est aussi là pour eux.__

Plus de cent ans après la fondation de la première efterskole, on peut dire que le succès est toujours au rendez-vous. En 2014, le nombre d’étudiants en efterskole à Ranum, comme dans tout le Danemark a même battu un nouveau record.

la classe au Ranumefterskole
la classe au Ranumefterskole © Radio France / Sung-Shim Courier
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