Un reportage de Bineta Diagne, à Thiès, au Sénégal

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Boniface Cacheu : « Les déchets plastiques sont un fléau au Sénégal. On les retrouve partout dans la rue. Les sacs plastiques peuvent contrarier ou perturber la germination des plantes, la photosynthèse »

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plastique © Katerha / Katerha

Boniface Cacheu est expert auprès du ministère de l’Ecologie. L’omniprésence des déchets plastiques pose un sérieux problème écologique au Sénégal. Cela dit quelques initiatives privées tentent d’éradiquer ce fléau. Exemple à Thiès à l’ouest du Sénégal où une usine recycle les déchets collectés par des associations de femmes.

Mame Elisabeth habite un quartier reculé de Thiès. Dans la cour de sa maison, cette vieille dame trie des ordures collectées dans la brousse. Bouteilles en plastiques, chaises à moitiés cassées, vieux bidons d’huile ou d’essence:

Mame Elisabeth expose ces ordures comme des trophées. Elle en ramasse une telle quantité, qu’aucun espace vide n’est visible dans la cour de sa maison. Pour elle, collecter des déchets plastiques est devenu un véritable emploi.

Mame Elisabeth :« Je me réveille à 7h pour chercher des ordures dans la brousse jusqu’à 11h. Parfois je gagne 8 500 Francs CFA et parfois 30 000 Francs CFA. Cela varie. Cette activité me plaît parce qu’elle m’aide à subvenir à mes besoins : lorsque j’ai vendu mes déchets, je peux acheter du riz, mes légumes ».

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Deux fois par mois des employées de l’usine Proplast se rendent dans ce quartier pour racheter ces déchets.

C’est jour de collecte. Les femmes rassemblent leurs produits dans de grands sacs et font la queue: à l’ombre d’un arbre, quatre employées pèsent les ordures, tandis que d’autres inscrivent dans un grand carnet la valeur pécuniaire des déchets. L’usine Proplast rachète les ordures à 6 centimes d’euro le kilo. Roselie Diouf est responsable d’un de ces points d’achat.

Roselie Diouf :« Pour le recyclage, on prend les bidons, les chaises cassées, les casiers de boisson, les bouteilles d’eau de javel. Après chaque pesée, on écrit le nom de la personne, on additionne et on fait le total. Certaines personnes peuvent avoir jusqu’à cent, deux cent voire trois cent kilos »

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Après un long travail de traitement du plastique, l’usine Proplast revend le produit recyclé à des industriels.

Mais au Sénégal, les déchets plastiques sont encore omniprésents. Ils nuisent à l’environnement. Comme l’explique Haidar El Ali, le ministre de l’Ecologie.

Haidar El Ali : « Les déchets plastiques étouffent les fonds marins. On retrouve des dauphins et des tortues mortes parce qu’ils ont mangé ce plastique qui ressemble à des méduses. Dans les villages, ces plastiques vont boucher les sols à force de s’accumuler. Et il n’y a pas de renouvellement de nos nappes phréatiques ».

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Le gouvernement envisage d’interdire la distribution gratuite dans les boutiques de sachets plastiques. Cette mesure a été décidée en partenariat avec des industriels qui devraient participer davantage au recyclage de ce type de déchets. Boniface Cacheu, conseiller juridique du ministre de l’environnement.

Boniface Cacheu :« On va interdire la production, l’importation, la vente et la distribution de sachets plastiques d’une épaisseur inférieure à 30 µm. L’objectif de cette mesure c’est de ne permettre la circulation sur le marché sénégalais, que de sacs plastiques solides. On s’est également mis d’accord pour développer une filière recyclage : on va inciter les industriels à mettre en place des points de collecte des sacs plastiques. Ces sacs plastiques seront acheminés vers certaines usines qui disposent déjà d’incinérateur pour leur brûlage »

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Cette mesure devrait prochainement entrer en vigueur. Reste donc à convaincre les usagers, qui ont toujours le reflexe de jeter les déchets plastiques dans les rues. C’est tout un travail de sensibilisation qui sera mené en amont.

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