Un reportage de Solenn Honorine, au Cap, en Afrique du Sud

Louis de Clercq, gérant du marché du village gay de la ville du Cap : «Ils peuvent venir habillés en drag queen. On s'en fout ! Viens avec ton chien, avec ton gosse, avec mamie... C'est un petit village ici. »

Cape Town Bo-Kaap city street
Cape Town Bo-Kaap city street © PZFUN

L a ville du Cap, véritable capitale du tourisme gay en Afrique du Sud. Et si, dans le pays, la loi autorise mariage et adoption pour les couples du même sexe. L’homosexualité est surtout une source de revenus importants pour la ville, qui mise sur les « dollars rose » de ces voyageurs. Promenade au cœur du quartier gay de Cape Town, en compagnie de la guide Françoise Armour.

Le village gay du Cap, ce sont des petites maisons à flanc de coteaux, peintes en rouge, rose, lavande ou jaune, dont le charme attire touristes comme locaux. Il a connu une nouvelle vie depuis l'entrée en vigueur de la nouvelle constitution sud-africaine, à la chute de l'apartheid, qui a décriminalisé l'homosexualité et protège les gays de toute discrimination.

Françoise Armour : « Les intérieurs sont très chics, très jolis, les gens ont rajouté des étages, certains ont des jardins sur les toits, il y a qui ont de petites piscines... C'est très joli. »

Au bas de la rue, le « Cape quarter », le centre du commercial du quartier, occupe un grand bâtiment baigné de lumière, au design délicat de type « Cap malais ».

Françoise Armour : « La chose principale c'est qu'il y a des magasins superbes. Ce sont des boutiques uniques ».

Solenn Honorine : « Françoise, vous m'avez apporté une carte spéciale de Cape Town... »

Françoise Armour : « C'est ce que nous appelons le ‘pink map’ ; il y a tous les hôtels gay friendly, et il y a aussi des magasins qui peuvent attirer les gay. Tout est ici, dans ce centre commercial. »

Solenn Honorine : « Donc nous voyons ici une bijouterie ; allons voir... »

Louis de Clercq : « On vient de développer une collection très complète de bagues de fiançailles, avec des design très spécifiques, très spéciaux, très originaux. La communauté gay a tendance à dépenser plus pour ses bagues de mariage, car elle veut quelque chose d'absolument unique. »

Au rez-de-chaussée, le marché du mercredi bat son plein autour d'une petite fontaine. Il a été créé il y a quelques mois par Louis de Clercq, pour tabler sur le dynamisme du quartier. S'y côtoient les locaux comme les touristes internationaux. Un groupe qui, selon une étude de l'office de tourisme, est constitué de 10 à 15% de voyageurs gay aux goûts bien spécifiques.

Louis de Clercq : « Il faut dépenser beaucoup d'argent, et il faut être bien sûr que l'on vous voit dépenser beaucoup d'argent. »

Solenn Honorine : « Ce__ doit être bon pour les affaires ! »

Louis de Clercq : « Absolument ! Absolument ! Ecoutez, ils n'ont pas de famille, ils n'ont pas de grande maison. Ils ont de l'argent à dépenser. Et tout cela, ça va rendre tout plus beau pour le touriste hétérosexuel qui se promène dans les rues du Cap, et qui voit dix belles maisons là où avant il y en avait dix moches ! »

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Le Cap est la première destination touristique d'Afrique du Sud, qui enregistre 9 millions d'arrivées internationales par an. Les dollars roses sont donc d'autant plus importants que le pays ambitionne de devenir l'une des vingt premières destinations touristiques au monde d'ici à 2020.

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