Un reportage de Nicolas Ropert, correspondant en Cisjordanie

Ari Briggs, le directeur du département international de Regavim :

Nous nous trouvons au Nord-Est de Jérusalem. Et voici un nouveau village où sont installées un grand nombre de ces structures. Ici devant nous, il y en a au moins une vingtaine. Et sur toutes ces structures on peut voir un drapeau européen.

Ari Briggs que l'on vient d'entendre est le directeur du département international de Regavim. Cette organisation israélienne radicale s'attaque à l'Union Européenne. Selon lui, l'UE finance des bâtiments construits illégalement. Ces préfabriqués font partie de l'aide humanitaire apportée notamment aux bédouins palestiniens confirme l'Union Européenne qui plaide qu'il n'y a rien d'illégal là-dedans.

Installée sur le versant d'une colline aride, à côté d'une route, une communauté de bédouins palestiniens avec leur bétail. Depuis plusieurs mois, Ari Briggs et son organisation traquent les drapeaux européens qui trônent sur leurs maisons. Le directeur du département international de Regavim affirme que ces constructions sont illégales. Il dénonce le rôle politique de l'Union Européenne en faveur des Palestiniens.

Ari Briggs, le directeur du département international de Regavim :

Dans aucun pays dans le monde, l'aide humanitaire est faite dans le dos du pays qui est responsable d'un territoire. Donc toutes constructions faites ici sans l'accord des autorités israéliennes est illégales. Mais ces structures sont solides et si l'on comprend bien, elles sont là pour rester. Donc ces communautés nomades qui voyageaient d'endroits en endroits, avec l'aide de l'Union Européenne, vont se sédentariser sur une zone qui n'est pas faite pour être construite. __

manifestation dispersée par l'armée israélienne
manifestation dispersée par l'armée israélienne © N. Ropert

Quelques kilomètres plus au sud, autour du village de bédouin de Abu Nwar, une manifestation est dispersée à coup de grenades assourdissantes et de lacrymogènes. Une cinquantaine de palestiniens s'oppose pacifiquement au déplacement de nomades palestiniens voulu par Israël. L'Etat hébreux prévoit de détruire le campement y compris les structures financées par l'Union Européenne.

Younis Al Hamadeen, le représentant de la communauté :

L'Union Européenne nous soutient dans notre combat. Ils nous ont fourni ces maisons qui nous protègent en particulier l'hiver. Les remercions et nous espérons qu'ils vont pouvoir continuer à nous aider. Les israéliens nous ont informés que notre campement sera détruit. Ils ont même prévu d'embarquer les bâtiments qui nous ont été fournis par les ONG financées par l'Union Européenne. Israel vole l'argent des européens en faisant ça. Alors que les européens voulaient juste nous aider à vivre dans de bonnes conditions.__

Parmi les organisations non-gouvernementales financées par l'Union Européenne pour venir en aide aux populations palestiniennes, l'ONG britannique Oxfam. Alun Mcdonald, son porte-parole sur place, confirme que son organisation a installé plusieurs de ces structures. Pour lui, il s'agit d'une nécessité.

Alun Mcdonald, porte-parole de l'ONG britannique Oxfam :

Il est évident que ce genre de structures ne sont pas illégales. Au contraire même, c'est une obligation en droit international de permettre aux populations l'accès à leurs besoins vitaux. Ces communautés en Cisjordanie ce sont des familles qui n'ont pour tout dire quasiment rien. Ils vivent sans accès à l'eau potable, bien souvent sans accès à l'électricité. Ces zones sont entièrement contrôlées par les autorités israéliennes qui leur interdisent de construire le genre de choses dont ils auraient besoin pour survivre.__

Contactée, la mission d'assistance de l'Union Européenne répond par écrit respecter les règles du droit humanitaire. Son porte-parole confirme que l'UE consulte les autorités israéliennes si nécessaire.

bédouins devant une maison en pré-fabriquée financée par l'UE à Abu Nwar
bédouins devant une maison en pré-fabriquée financée par l'UE à Abu Nwar © N. Ropert
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