Proton : voilà un nom qui évoque, au choix un élément de physique nucléaire, une fusée russe, ou encore une voiture malaisienne. Mais pas en Belgique, où Proton, c'était le premier porte-monnaie électronique d'Europe, qui vient de mourir de sa belle mort.

Proton
Proton © / Quentin Dickinson

Avec aujourd'hui un bon milliard et demi de transactions commerciales effectuées par voie électronique chaque année, la Belgique a toujours fait figure de pionnier et de terrain d'essai pour les techniques bancaires nouvelles. Et c'est ainsi qu'il y a près de vingt ans, la carte à puce rechargeable Proton voyait le jour ; on pouvait y stocker jusqu'à 5.000 francs belges, comprenez : 125 euros. L'objectif, c'était de régler les petits achats : ticket de tram, paquet de cigarettes, journaux, cabines téléphoniques publiques, ou encore distributeurs de boissons.

Mais les fonctions Proton ont fini par être intégrées à une carte de débit bancaire normale, et nombreux sont ceux qui ne voyaient pas l'utilité de deux cartes et de deux réseaux ; l'opérateur du système non plus, qui vient de tuer Proton, qui laisse cependant des regrets éternels chez beaucoup de consommateurs.

En recul de 20 % par an ces derniers temps, le recours à Proton déclinait inexorablement au profit de la carte multi-usages Bancontact.

C'est que les commerçants étaient taxés à hauteur de 0,7 % par transaction, ce qui faisait cher pour un pain, d'autant que le terminal leur était vendu 4.000 euros.

La nostalgie des décennies Proton, qui a plus ou moins coïncidé avec le règne du Roi Albert-II, est sans doute une question de génération.

Adieu donc, Proton, qui va rejoindre les chéquiers et les bouliers-compteurs au musée des techniques bancaires de pointe.

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