Un reportage de Marielle Vitureau, à Riga, en Lettonie

Izem Ayati, étudiant norvégien en dernière année de médecine à Riga : « Les listes d’attente sont très longues en Norvège pour pouvoir étudier la médecine. J’ai même étudié la psychologie pendant 3 ans en attendant en vain. »

Médecine
Médecine © Fotolia

Izem Ayati, étudiant en dernière année, a donc choisi de ne plus attendre et d’étudier la médecine dans la capitale lettonne. Un choix que font de très nombreux autres jeunes Européens qui n’obtiennent pas de place à l’université dans leur pays à cause du numérus clausus. Avec l’entrée de la Lettonie dans l’Union européenne en 2004, le nombre d’étudiants étrangers a fortement augmenté et ils représentent désormais près de la moitié des étudiants en médecine générale.

Penché sur un mannequin, Leon Schneider s’applique à traiter une carie bien profonde et à poser un amalgame. C’est son dernier entraînement avant de commencer à soigner des enfants. Après avoir tenté quelques fois d’obtenir une place à l’université dans son pays, ce jeune Allemand a décidé de ne plus attendre. Il est donc arrivé à Riga il y a 4 ans pour étudier la chirurgie dentaire.

Leon Schneider : « Ici, nous apprenons en très petits groupes, de 4-5 personnes. L’université est très moderne, les équipements aussi, et puis les professeurs ont vraiment du temps pour nous. Nous pouvons même assister à des opérations. Maintenant, je ne voudrais plus changer. Je sais que je compenserai certainement les points faibles de ma formation en pratiquant. »

__

A l’Université Stradins de Riga, pas de numérus clausus, pas d’examen décisif le long des six années d’étude de médecine générale, mais une multitude de contrôles, quasiment toutes les semaines et la possibilité de redoubler.

L’entrée de la Lettonie dans l’Union européenne en 2004 a rendu les études encore plus attractives pour les étrangers, puisque désormais les diplômes lettons sont reconnus dans toute l’Union européenne.

L’année d’études coûte 8 000 euros pour ces étudiants. Grâce à cet argent, l’université a pu rénover ses locaux et acquérir du matériel sophistiqué, dont profitent aussi les étudiants européens. Malgré des conditions d’étude paraissant idéales, les difficultés existent.

Juta Kroica, professeur et responsable des étudiants étrangers: « A partir de la troisième année, les étudiants travaillent à l’hôpital. Ils ont des patients, ils doivent traiter des enfants en pédiatrie et ces personnes ne parlent pas de langue étrangère. Les professeurs doivent traduire, aider les étudiants. Pour nous, cela signifie que nous devons travailler très dur pour pouvoir organiser ces cours pratiques. »

Une fois leur diplôme en poche, Leon l’Allemand, Izem le Norvégien et tous les autres, rentreront dans leur pays pour exercer. Ils doivent presque tous rembourser les emprunts faits pour pouvoir payer leurs études. Les salaires lettons, de tout juste 400 euros pour un interne, ne le leur permettraient pas. Leon Schneider ne laissera pas démonter par ceux qui pourraient critiquer un diplôme au rabais, acquis dans une université d’Europe de l’Est.

Leon Schneider : « Il est vrai que j’étais sceptique au début quant à la qualité des études. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, je ne suis pas venu tout de suite après mon bac. Mais entre temps, j’y ai étudié, je connais mes capacités et les réactions des autres ne me font pas peur. »

__

Une réalité à laquelle les patients allemands ou norvégiens devront s’habituer. Les médecins de ces pays sont de plus en plus nombreux à se former à l’Est. Une aubaine pour l’université Stradins qui devient de plus en plus connue de Berlin à Stuttgart. La moitié des étudiants étrangers sont Allemands.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.