Un reportage de Laxmi Lota, correspondante au Qatar

Malawi , Lilongwe , école primaire.
Malawi , Lilongwe , école primaire. © corbis

Chifundo, une élève :

Ils ont peur de moi depuis que je porte mon uniforme scolaire ! Avant, quand je n'allais pas à l'école, les garçons me disaient “Eh toi, viens, je veux me marier avec toi … !

La jeune fille que vous venez d'entendre s'appelle Chifundo, elle a 15 ans et vit au Malawi, au Sud Est de l'Afrique. C'est l'un des pays les plus pauvres du monde. Là-bas, l'école est le seul espoir pour les filles de sortir de la pauvreté. Mais la scolarité coûte cher. Depuis 2009, une ONG, Camfed, campagne pour l'éducation des filles, a permis de scolariser près de 110 000 enfants.

Laxmi Lota a suivi au Malawi la fondatrice de cette organisation, Ann Cotton, lauréate l'an dernier du Prix Wise du Qatar, sorte de Nobel de l'éducation.

Chifundo porte son uniforme comme une armure ! Chemisier bleu pâle et jupe rouge vif. Cette précieuse tenue est son espoir de vivre mieux un jour. C'est l'ONG Camfed qui le lui a fourni. La jeune fille souhaite devenir comptable...

Chifundo :

Je veux devenir une femme indépendante économiquement, je ne veux dépendre de personne... Comme ça, je pourrai aider mes futurs enfants et ma famille. Je payerai pour la scolarité de mes frères.

Nous sommes à l'école secondaire de Likwenu dans le sud du pays, au milieu des champs et des montagnes. Chifundo habite dans un village et doit marcher 1 heure et demi pour se rendre à l'école, souvent le ventre vide. Sa mère cultive un petit champ, mais avec une famille de 7 enfants, la nourriture manque.

Chifundo :

Est-ce que je vais dire “Je ne vais pas l'école parce que j'ai faim ? Non ! Je peux y aller.

Dans cette école, Chifundo fait partie des 59 filles qui ont reçu une bourse de Camfed depuis 2009. Au Malawi, l'école primaire est gratuite, mais pour continuer en secondaire, il faut payer. De 6 à 15 dollars par trimestre : une somme inabordable pour une population rurale qui vit avec moins d'1 dollar par jour. Ann Cotton, fondatrice de Camfed...

Ann cotton:

Il est intolérable de voir des enfants non scolarisés. Ils ne demandent pas un nouvel I-pad ou un nouveau téléphone, des nouvelles chaussures de sport : ils veulent juste aller à l'ecole ! C'est un désir très noble. Quand on leur demande quel est leur plus grand rêve, ils répondent : aller à l'école... ! Peut-on leur refuser cela ?

Pour Ann Cotton, l'éducation est la clé pour faire reculer la pauvreté. A 65 ans aujourd'hui, elle continue à se rendre régulièrement en Afrique pour rencontrer ses partenaires. Car Camfed travaille avec toute la communauté sur place : mères de familles, chefs de village, professeurs, ministres. Une collaboration qui a porté ses fruits. En Afrique, depuis 1993, Camfed a directement soutenu 1 202 000 filles et garçons en difficulté.

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Camfed

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