Un reportage signé Pascale Guéricolas, à Montréal, au Québec

Mines au Canada
Mines au Canada © Radio France

Nicolas Kirouac : « On a rendez-vous en 2011 avec l’histoire, soyez au rendez-vous pour que ça change, c’est ce qu’on va demander à vos élus et à nos élus, merci »

Nicole Kirouac est une femme très impliquée dans la défense des citoyens face aux compagnies minières. Les Québécois demandent la révision d’une loi sur les mines, qui date de 1880 et qui facilite l’exploration des sous-sols, au détriment du droit des citoyens. Du côté des exploitants miniers, on s’inquiète d’une réforme de cette loi, qui pourrait menacer un investissement d’un milliard de dollars dans les régions concernées par les investissements.

Avec la hausse du prix des ressources naturelles, les projets miniers et gaziers se multiplient ces derniers mois, au Québec. Certaines entreprises d’or ou de gaz de schistes explorent des gisements dans la vallée du Saint-Laurent, très près des habitations. La loi sur les mines, qui date de plus d’un siècle, leur donne en effet le droit de fouiller le sous-sol, en autant qu’elles aient acheté un permis. Pris à partie par des citoyens qui découvrent des foreuses non loin de chez eux, le gouvernement veut revoir les règles du jeu, en donnant le droit aux municipalités de se prononcer sur les travaux. Un changement qui ne va pas assez loin selon Ugo Lapointe, de la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine, car le territoire concerné reste très limité.

Ugo Lapointe : « Le problème, c’est que ça représente seulement 1% du territoire québécois actuellement. Le reste du territoire reste ouvert. Et là on se retrouve confronté à un projet d’exploration. Qu’est-ce qu’ils ont dans ce projet de loi là pour mieux aménager le territoire ? Absolument rien ! »

Selon l’Association de l’exploration minière du Québec, obtenir le consentement de chacune des 1200 municipalités du Québec va considérablement compliquer leur travail.

Valérie Fillion, la directrice de l’association : « Ça divise en 1200 entités le territoire du Québec, ça établit des règles qui sont pas stables. La ressource énergétique, la ressource minérale, on la voit pas, elle n’est pas contenue dans des limites de surface, elle n’est pas contenue dans une frontière municipale. Puis on peut se retrouver assis à table avec des gens de mauvaise foi, qui ne veulent pas parce qu’ils ne veulent pas. Il n’y a pas de raison. Ils ne comprennent pas l’exploration minérale ils ne comprennent pas la filière, alors c’est important qu’on dépolitise cette filière-là et qu’on ramène ça à une commission pour favoriser ça »

L’industrie minière québécoise craint de manquer d’investisseurs si l’exploration se complique trop. Seules les multinationales auraient alors les moyens de mener à bien les projets miniers. Le gouvernement se donne quelques mois pour présenter une nouvelle mouture de la loi sur les mines.

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